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NÉOS

AVF. Créateur de liens

PAR Margot FOURNIÉ
Temps de lecture 5 min

@claradoineau

Déménager veut souvent dire perdre son ancienne communauté. Le départ s’accompagne alors d’un nouveau lot d’angoisses. Comment réussir à s’intégrer dans une ville différente ? Alors que Toulouse s’apprête à accueillir, cette année encore, des milliers de nouveaux habitants, Boudu est allé voir comment l’association l’accueil des villes françaises (AVF) s’y prenait pour aider les néo Toulousains.

Dans le local de l’AVF toulousain, flotte une odeur de crêpes et de café. à droite de l’entrée, des dames se sont réunies pour l’animation point compté. Les conversations vont bon train. Le matériel de couture envahit la table. L’ambiance est cordiale. On échange volontiers des conseils, des histoires au milieu des rires. Certaines sont Toulousaines, d’autres Midi-pyrénéennes ayant perdu de vu leur entourage suite à de nombreux déplacements. Mais la plupart sont d’anciennes Parisiennes ou des expatriées, venues à la retraite pour se rapprocher de leurs enfants ou pour des raisons professionnelles. Une énergique blonde raconte qu’elle a vécu longtemps à Pékin. Une jeune thaïlandaise apprend à tricoter pendant qu’elle peaufine son français.

Les visites me permettent d’en apprendre plus sur Toulouse. Mais l’objectif reste de rencontrer des gens.

Martine, mince avec de courts cheveux bruns, est concentrée sur ses travaux d’aiguille. Elle a soigneusement placé devant elle plusieurs patchworks colorés. Les motifs géométriques sont complexes. Elle assure qu’avant de rejoindre l’AVF, elle n’aurait pas été capable de réaliser ces ouvrages. C’est une animatrice qui lui a appris à dessiner des patrons sur des feuilles millimétrées. Martine ne se limite pas à un seul atelier. Quand elle le peut, elle va aux auberges espagnoles, au coffee time. « Ce n’est pas réservé aux anglophones. Le but, c’est qu’on parle en anglais », précise-t-elle. « Cette animation, c’est un couple d’adhérents britanniques qui l’organise avec un humour british. On a aussi des conversations en espagnol, en italien » expose Monique Encontre, présidente de l’association. Visage rond et regard malicieux, cette dernière explique comment sont choisies les activités. « Tout est une question de partage. Les animations se font en fonction des ressources des bénévoles. »

La première année, les nouveaux arrivants fréquentent surtout les excursions. Depuis 2006, chaque mardi après-midi, Béatrice, par exemple, propose une visite de Toulouse imaginée par ses soins.

Les balades sont toujours aléatoires, répondant au temps, aux évènements toulousains. Petite dame portant un bonnet fleuri et des lunettes, elle raconte qu’elle ne voulait pas, en arrivant à Toulouse, rester enfermée. « Quand on arrive, on n’apprécie pas forcément la ville. Pourtant, quand on en connaît les détails, les secrets, on ne peut plus la regarder indifféremment. » Elle a commencé à se rendre aux promenades du syndicat d’initiative et au club de bridge de l’AVF. Puis, les autres joueurs ont voulu faire des promenades. Personne n’étant prêt à mener ces visites, Béatrice s’est proposée. Elle s’est renseignée avec des livres, a assisté à des conférences pour créer ses propres circuits. « On a dit que c’était une activité très amusante, mais moi, j’avais l’impression de me promener en famille, avec des amis. Je vois ça comme une promenade autour de ma maison. » Avec toute la volubilité d’une passionnée, Béatrice avoue qu’aujourd’hui, elle ne pourrait pas arrêter. « J’aime aider les gens à apprivoiser leur nouvel environnement. » Un public qui le lui rend bien puisque nombreux sont les habitués à rester comme Véronique, fidèle au rendez-vous depuis un an. « Les visites me permettent d’en apprendre plus sur Toulouse, de me dépenser et surtout de discuter. Car l’objectif reste de rencontrer des gens. »

Le public de l’AVF est plutôt varié. Si les personnes qui viennent au local sont surtout des retraités, l’association compte aussi des membres actifs qui participent à des soirées dans des bars ou des repas à partager. Un groupe de jeunes femmes a aussi été mis en place : « Ce sont des personnes dont le mari a été muté et qui ont choisi de le suivre », explique Monique Encontre. Ses membres s’entraident en se donnant des adresses, se voient le weekend, l’objectif restant de rompre l’isolement. Et petit à petit, leur cercle fait tache d’huile. Peut-être formeront-elles l’année prochaine une nouvelle génération de bénévoles prête à accueillir, à leur tour, les nouveaux venus. Histoire de démontrer qu’à L’AVF toulousain, on n’a pas la mémoire courte. 

AVF Toulouse, 28 Place Arnaud-Bernard

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.