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RECIT-PORTAGE

Grenier de Toulouse : De l’autre côté de la rocade

PAR Jean COUDERC | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 15 min

Grenier de Toulouse @remibenoit

Lorsque l’on pense théâtre à Toulouse, ce sont plutôt les noms de Garonne, Sorano, ou ThéâtredelaCité (ex TNT), qui viennent à l’esprit. Jamais, ou presque, celui du Grenier de Toulouse. À tort, tant la compagnie créée en 1945 par Maurice Sarrazin a fait pour l’histoire du 6e art et continue de proposer un théâtre populaire de haute tenue à l’Escale, à Tournefeuille, où elle a trouvé refuge après plus d’une décennie d’errance. À la veille de l’ouverture de la saison 2019-2020, Boudu a fait le (court) déplacement pour comprendre cette anomalie.

n ce jeudi de février, la température a beau être clémente pour la saison, on presse le pas aux abords de l’Escale, l’impressionnante salle de spectacles dont le coût de construction a tant fait polémique depuis son inauguration en 2012. Ce soir-là, on joue la deuxième de Roméo et Juliette. Si ce grand classique du théâtre contemporain a toujours ses fidèles, il y a néanmoins plus sexy que Shakespeare. Un avis que ne semblent pourtant pas partager les nombreuses personnes qui se bousculent dans l’entrée de l’Escale en attendant que s’ouvrent les portes de la salle principale. Appartiennent-elles à un club de spécialistes de la littérature anglo-saxonne du xvie siècle ? Même pas ! Elles semblent pourtant être en terrain connu à l’Escale. On peut même parier qu’elles étaient là pour Cyrano de Bergerac quelques mois auparavant, et qu’elles ont déjà leurs billets pour le Bourgeois gentilhomme du mois suivant. Car à l’Escale, comme le disait le metteur en scène Jean-Louis Barrault au siècle dernier, « Le spectateur vient voir une troupe et non pas un spectacle ».

Et à Tournefeuille, ce n’est pas n’importe quelle troupe qui se donne en spectacle puisqu’il s’agit du prestigieux Grenier de Toulouse. La compagnie créée par Maurice Sarrazin après-guerre avec quelques amis, dont Simone Turk ? Oui, celle-là même ! Mais comment diable a-t-elle « échoué », près de 80 ans plus tard, dans cette commune de l’agglomération toulousaine ? Car sans faire injure aux Tournefeuillais, il y a comme une anomalie à…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.