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CONVERSATION

Robert Ménard : Mal embouché

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 10 min

Hier encore, Robert Ménard était un héros. Célébré à gauche et à droite pour son action à la tête de Reporters sans frontières. Désormais, c’est un salaud. Unanimement condamné par les « bien-pensants » qu’il abhorre, pour s’être ouvert en 2014 les portes de la mairie de Béziers, la 5e ville d’Occitanie, avec une ligne proche du Front National.

Boudu, qui ne croit ni aux héros trop parfaits ni aux salauds trop évidents, lui a proposé de se prêter à l’exercice de la conversation. Nécessaire, mais insuffisant pour cerner cet hyper-maire adepte du faire vite et du parler vrai, personnage étrange, inconvenant, provocateur, franc du collier, faux dur, faux frêle, végétarien, aficionado, à la fois défenseur et pourfendeur des journalistes, ancien trotskiste, ancien socialiste, ancien pompiste et ancien activiste, qui serait devenu prêtre si sa mère ne s’y était pas opposée, et reconnaît avoir appris sur le tard à ne plus avoir honte de penser ce qu’il pense.

Fin septembre, la justice a prononcé un non-lieu dans une affaire de suspicion de fichage ethnique et religieux des écoliers de Béziers. Fin juin, la Cour de cassation avait définitivement débouté sept associations antiracistes qui vous poursuivaient pour incitation à la haine raciale. Cela vous plaît d’être celui qu’on montre du doigt ?

Non. Je le vis très mal. Je ne suis pas blindé. Ça peut paraître idiot, mais je n’ai pas envie que mes enfants pensent que je suis ce qu’on dit de moi. Ça ne me fait pas plaisir qu’on me traite de raciste ou d’antisémite. Allez donc demander à la communauté juive de Béziers les rapports qu’ils ont avec moi… Les deux seuls élus qui sont intervenus lors des célébrations des 70 ans d’Israël, c’est ma femme Emmanuelle (députée de l’Hérault ndlr) et moi… Et ça me touche encore plus quand on me présente comme un type d’extrême droite.

Ce n’est pas le cas ?

Non. L’extrême droite, ça existe. Ce sont des gens qui refusent le verdict des urnes. Qui sont antiparlementaristes. Qui s’en prennent à la communauté juive. Qui considèrent qu’il existe des races supérieures aux autres. Je serais cela, moi ? Toute ma vie, j’ai été au service des Droits de l’Homme ! Seulement voilà, dans ce pays, les gens pensent que si tu t’occupes de Droits de l’Homme tu es forcément de gauche. Si tu es de droite tu es forcément un sinistre égoïste. Ce genre de sous-entendus, c’est humiliant.

Pourquoi, si cela vous est si douloureux, continuer de vous y exposer ?

Parce que je n’ai aucune prudence. Ce que je fais, je le fais parce que j’ai envie de réussir ma vie. De lui donner du sens. Je n’ai jamais fait autre chose que cela. Depuis que je suis petit, j’ai envie que ma vie ait du sens.

Quel genre d’enfant étiez-vous ?

Je suis né à Oran. Mais Oran, ce n’est pas seulement ma ville de naissance. C’est mon histoire. Je suis né en 1953, et la guerre a commencé l’année d’après. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 9 ans dans un pays en guerre. Par la suite, j’ai passé mon temps avec des parents qui étaient pétris de ce qui est arrivé là-bas. Pas une semaine ne passait sans que l’Algérie ne revienne sur la table. Ce n’est pas anodin de quitter un endroit où sa famille est installée depuis plus d’un siècle. Les tombes de mes grands-parents sont en Algérie. Et ne plus pouvoir me rendre sur la tombe des membres de sa famille, ça pèse beaucoup.

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance algérienne ?

En général, quand on est catholique – ce qui est mon cas – le paradis est devant soi. Du moins, vous l’espérez. Pour moi il est derrière. L’Algérie des années 1950, c’était l’Amérique. Un pays neuf où tout était possible. À ma naissance, mon père était secrétaire de l’amiral qui dirigeait la flotte de Mers-el-Kébir. Ensuite, il s’est lancé dans les agrumes mais ça n’a pas marché. Puis il a fait de l’élevage de poules et poulets de compétition. Ensuite il a fondé une papèterie, et une imprimerie qui ont très bien marché. Bref, ma famille a connu des hauts et des bas, mais moi j’ai connu surtout des hauts. Raison de plus pour être nostalgique. Et puis là-bas il fait plus beau, plus chaud, la mer est plus chaude, et les filles plus belles que partout ailleurs.

Vous ne sentiez donc pas le danger et la guerre ?

Si. Tous les jours. Je me souviens de routes où des gens faisaient signe qu’une voiture était en panne, et que personne ne s’arrêtait par peur du piège. Je me souviens de mon oncle habillé en curé
et armé sous la soutane. Je me souviens que dans la papèterie de mon père, sous les ramettes, étaient planquées des armes. Je me souviens avoir enjambé un cadavre en sortant de l’école, et d’un grand nombre de jeunes gens qui avançaient arme à la main sur un boulevard d’Oran.

Où se situait votre famille dans le conflit ?

Ils étaient tous pro O.A.S. Mon père était pourtant syndicaliste et communiste. Mais l’O.A.S., ce n’était pas que l’extrême droite. Il était O.A.S. parce qu’il défendait son pays. Expliquer à mon père qu’il n’était pas chez lui, c’était impossible ! Pour le comprendre, il ne faut pas faire d’anachronisme : mes parents étaient chez eux en Algérie. Mon père parlait l’arabe couramment.

Quel rapport entreteniez-vous avec la métropole ?

On se sentait plus français encore que les français,  parce qu’on ne vivait pas en France. Tous les étés on venait en France, à Manosque dans les Hautes-Alpes, et à Brusque, Aveyron, dans la famille de ma mère.

C’est d’ailleurs à Brusque que vous débarquez après l’Algérie…

Une catastrophe ! Oran, c’est une ville espagnole.  Tu sors le soir, tu dînes après le théâtre. À Brusque, à l’époque, il y a 600 habitants, et l’hiver 1962 est le plus froid qu’on puisse imaginer. Il y a un mètre de neige dans la rue. Moi, je trouve ça génial, C’est la première fois que je vois la neige, mais mes parents, eux, pas du tout.

Quel accueil vous réservent les métropolitains ?

Ils me traitent de sale arabe. C’est terrible d’entendre ça pour un Pied-Noir alors que les Arabes viennent de vous foutre dehors. Ils nous traitent aussi de colons riches. Ils nous reprochent notre conduite envers les Arabes, et dans le même temps font preuve d’un racisme terrible avec les Arabes du village harki de Brusque qui arrivent dans des camps pourris, font des boulots de merde et sont traités comme des moins que rien alors qu’ils viennent de se battre pour la France. Ce souvenir m’est resté parce que cette différence entre le discours et la réalité me saute encore aux yeux aujourd’hui.

Par exemple ?

Les mêmes gens qui ici, à Béziers, me reprochent de dire que dans un certain nombre d’écoles, les deux tiers des enfants sont musulmans, sont ceux qui me demandent des dérogations pour que leurs enfants n’aillent pas dans ces écoles. C’est incroyable cette capacité qu’ont certains à être généreux dans les idées et d’un égoïsme effréné dans leurs vies. Ici, les gens aiment les logements sociaux. Sauf que dès qu’on en construit, j’ai une levée de boucliers des voisins qui n’en veulent pas. Et les mêmes qui disent adorer la culture gitane ne veulent pas de gitans dans la rue. Je ne supporte plus ces leçons de morale. Moi, d’ailleurs, je n’en fais plus.

Parce que vous estimez en avoir donné par le passé ?

Plus donneur de leçons que Reporters sans frontières, tu meurs ! Sortir un mec de prison, oui, mais donner des leçons au monde entier, on n’est pas obligé de le faire. Là-dessus, j’ai évolué. Au fond, j’ai longtemps eu honte de ce que je pensais. Ma femme a changé ma vie. Elle m’a appris à ne pas avoir honte de ce que je pensais. J’ai aucune raison d’avoir honte d’être Pied-Noir ni d’accepter les leçons de morale.

Comment en êtes-vous arrivés à avoir honte d’être Pied-Noir ?

Adolescent, j’étais un petit crétin, et comme tout le monde je me suis construit contre mes parents. Alors au lendemain de mai 68, je suis devenu marxiste pour faire chier mon père.

Qu’est-ce qui vous fascinait dans la révolution et le marxisme ?

L’idée de lutter contre l’injustice du monde. Celle qui te saute aux yeux. Cela me révolte de la même façon aujourd’hui. À la mairie, je vois sans arrêt des gens seuls, malheureux, qui ne s’en sortent pas. C’est pour ça que je dis à mes enfants qu’il ne faut pas se plaindre.

Comment a réagi votre père à ce virage marxiste ?

Il m’a dit : il n’y a pas de problème, je vais lire Marx et Trotski pour discuter avec toi. Vous connaissez beaucoup de père qui font ça ? Parce qu’il faut se le lire, Le Capital ! Quelques années après, il a fait encore plus fort. En première, j’étais dans un lycée catholique. J’ai rendu une dissertation qui était une provocation pour l’institution. J’ai pris 8 jours d’exclusion. Mon père n’était pas du tout d’accord avec ce que j’avais écrit, mais il a refusé la sanction et m’a retiré du lycée.

Pour quel motif ?

Pour un problème de discipline ou d’insolence, il m’aurait flanqué deux paires de baffes. Mais il n’admettait pas qu’on me sanctionne pour des idées.

On lit qu’à cette époque, vous vouliez être prêtre. Est-ce exact ?

C’était un peu avant, mais c’est exact. Je croyais au bon dieu. Et à croire au bon dieu, autant ne pas faire les choses à moitié. J’avais 15 ans, je voulais une vie exceptionnelle et donc me mettre au service de dieu. C’est ma mère qui n’a pas voulu. Il y avait déjà un prêtre dans la famille, et on ne donne pas plus d’un homme à l’église par génération.

À la place, vous avez fait philo…

Je suis d’une génération qui n’a connu ni le sida ni le chômage. ça change tout. Et non seulement il n’y avait pas le sida, mais il y avait la pilule : c’était l’eldorado de la sexualité ! En plus il n’y avait pas de problème de boulot ! Du coup, j’ai fait philo à la fac parce qu’il n’y avait que 9 heures de cours par semaine. Moi, je voulais surtout faire la révolution. Après, je suis devenu pompiste, assureur, ce qui me laissait le temps de lire. Je ne pouvais pas chercher à m’épanouir dans le travail vu que je voulais changer le monde de fond en comble.

Comment êtes-vous venu au journalisme ?

En lançant, en 1978, Radio Pomarède. Il y a eu des procès. J’ai été inculpé 73 fois pour violation du monopole. C‘est Mitterrand qui a été mon témoin de moralité ! Je le revois encore avant le procès, à Béziers. Il était complètement éteint. Et d’un coup, lorsqu’il est entré dans la salle d’audience, il s’est métamorphosé. Un talent incroyable. Comme Mélenchon. Mais il ne m’a pas empêché d’être condamné.

Vous avez cru en lui, politiquement parlant ?

J’ai cru qu’on allait avoir un vrai changement en 1981, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre. Je rentre au PS en 78 avec quelques copains de la LCR parce qu’on pense alors que le PS est vide d’idées et qu’il faut y apporter des idées. J’ai vite compris qu’au PS, on parlait plus des listes électorales que des idées ! Du coup j’ai quitté le parti quand il a gagné les élections. J’avais été au PS pour faire de l’entrisme. Comme Dray et Jospin avant moi. Sauf qu’eux se sont adaptés à la machine et en sont devenus des rouages.

Et les communistes ?

Quand j’étais trotskiste, je l’étais d’abord par anticommunisme, à cause de la trahison en Algérie : les communistes sont porteurs de valise, ils financent le FLN. Ensuite pour l’URSS. J’ai donc toujours été anti-communiste. J’en ai un, par exemple, au Conseil municipal. C’est insupportable. C’est des mecs qui osent te faire la morale alors qu’ils ont soutenu les pires régimes du monde. Lors du premier conseil municipal, il a refusé de me remettre l’écharpe alors qu’il était l’aîné. Un mec qui a été stalinien toute sa vie refuse de me remettre l’écharpe, à moi qui sors de 25 ans de RSF où j’ai passé mon temps à me battre contre les régimes autoritaires de droite et de gauche ! Et il vient me chanter Le chant des partisans en plus ! Mais ça te donne envie de l’assommer à coup de chaise ! Pas eux ! Pas de leçons de leur part ! Quant aux socialistes qui se sont alliés avec eux et osent me dire que je suis d’extrême droite… 

Qu’est-ce qui vous a poussé à abandonner le combat de RSF pour devenir élu local ?

J’ai décidé de quitter RSF en cinq minutes. J’étais à un conseil international avec le monde entier. J’ai réalisé que je pourrais faire encore ça dix ans. C’était un métier dangereux, mais routinier. Enfin non, pas routinier, disons… maîtrisé. J’ai eu envie de prendre des risques. Et puis j’aime ma ville, et je n’aimais pas ce qu’elle était devenue. Enfin, il y a cette idée que le commentaire est plus facile que l’action.

Le mandat de maire est aussi difficile que vous l’imaginiez ?

Bien plus ! Moi, je viens du privé. À RSF, quand quelqu’un te fait chier, tu appelles ton avocat et tu lui demandes combien ça te coûterait si tu perdais aux Prud’hommes. Tu pèses le pour et le contre, et si ta tranquillité vaut ce prix, tu vires. C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai peu de prudence sociale, moi. Ici, à la mairie, tu peux pas virer les mecs. Ça change tout. Et puis, tout est lourd ! Je passe mon temps à gueuler parce que ça ne va pas assez vite. Ça me coûte, ça m’épuise, mais si on ne le fait pas on est mangé par la machine administrative. La phrase que j’ai le plus entendue en arrivant, c’est « Monsieur le maire, on a toujours fait comme ça ! » ou « C’est en cours ». Et si tu ne fais pas attention, ta propre fatigue, ta propre résignation fait que tu peux te laisser aller.

Exercer le mandat de maire a-t-il changé votre définition de la liberté d’expression ?

Je n’ai jamais eu de définition de la liberté d’expression parce qu’il est impossible de dire ce que c’est. Par contre, il est très facile de savoir ce que sont les atteintes à la liberté d’expression. Je sais que quand on met en prison un mec parce qu’il écrit un texte, et que ce texte n’appelle pas à la violence, c’est une atteinte à la liberté d’expression. Ce que j’avais sous-estimé en revanche avant d’arriver ici, c’est à quel point les journalistes eux-mêmes sont responsables de limites à la liberté d’expression. À quel point ils sont porteurs d’autocensure.

Comment cela ?

Les rédactions sont pétries des mêmes idées. Au moment de la manif pour tous 95 % des journalistes étaient favorables au mariage homo ; 95 % étaient pour le oui au referendum sur la constitution européenne en 2015 ; et 95 % sont aujourd’hui hostiles au Brexit. Et je ne parle même pas de Trump. Je ne dis pas qu’ils ont tort d’être contre Trump, contre le Brexit ou pour le mariage homo. Je dis juste qu’ils pensent la même chose. Quand j’étais patron de RSF, je participais à des jurys d’école. J’étais absolument sidéré par l’homogénéité des points de vue des journalistes.

Homogénéité politique ?

Pas seulement. Sur les questions sociétales et pour les goûts artistiques, tout était conforme au triangle des Bermudes Libé-Inrocks-Télérama… La presse est devenue un chien de garde de l’ordre établi. Et c’est ce qui la rend si impopulaire. Chose dont je ne me satisfais pas ! Il faut que les journalistes fassent attention, parce qu’aujourd’hui, il n’y a rien de plus populaire que de taper sur la presse. Chaque fois que je tape sur la presse, les gens m’aiment un peu plus. Et chaque fois que la presse dit du mal de moi, ils m’aiment encore un peu plus.

Si les journalistes sont déjà formatés avant les écoles de journalisme, par qui ou par quoi le sont-ils ?

La gauche morale et la bien-pensance. La bien-pensance qui tue tout. Qui fait que la droite a toujours besoin de montrer patte blanche à la gauche pour qu’elle lui dise « Au fond t’es pas si à droite que ça. Tu pourrais être un lecteur de Télérama ». Comprenez-moi bien : je ne crois pas à la théorie du complot. Je ne crois pas que quiconque manipule les médias. Les journalistes sont libres de penser. Les journalistes de Libé n’ont besoin de personne pour penser ce qu’ils pensent. Quand Rothschild a racheté Libé, c’était une connerie de penser qu’il allait pouvoir influer sur la ligne du journal. Personne, par exemple, n’oblige les journalistes à être désagréables avec le Front National. Ils le sont sincèrement.

Considérez-vous, dès lors, qu’il est impossible de débattre en France ?

On peut tout à fait débattre dans ce pays. La question n’est pas là. Il y a plein de débats. Je suis invité très souvent à la télévision et j’irais plus souvent encore si je ne vivais pas à 800 km de Paris. Le problème c’est la façon dont on débat. On vous colle une étiquette (extrême droite, par exemple) pour vous discréditer, vous mettre hors des valeurs. Et cela vous rend inaudible.

Le remède, c’est la provocation, dont vous êtres coutumier dans vos affiches et votre journal municipal ?

La provoc’ pose le débat. Elle oblige à débattre. À elle seule elle ne garantit pas un bon débat, mais c’est un début. En fait, je pratique à Béziers ce que j’ai toujours fait à RSF. Les coups de gueule, les coups de poing, la violence du vocabulaire. Les affiches que je fais pour la mairie sont faites avec les armes de la presse : la titraille, les photos, tout ce qu’il faut pour être accrocheur. On ne va quand même pas faire les mêmes affiches que l’Agglo, le Département, ou la Région. Elles sont à mourir d’ennui ! Les gens ne les voient même pas. Nous on peut aimer ou pas, mais on ne peut pas passer à côté. Même chose pour le choix des mots ! Vous les écoutez ? Leur façon de parler, c’est insupportable. Il y a une bataille des mots à mener. Une bataille primaire, de primates ! Il faut parler avec les mots des gens. Moi je n’ai jamais vu quelqu’un me dire dans la vie de tous les jours : « Je suis issu de la société civile. » Personne de normal ne dit ça « Et l’attractivité du territoire ! On frôle l’indigestion. Le journal municipal, au moins, ne ressemble pas à un journal municipal.  On peut trouver ça racoleur, démagogique, et ne pas être d’accord, mais on ne peut pas dire que ça ressemble aux autres journaux municipaux. 

De la provoc’ à la transgression, il n’y a qu’un pas. Vous avez été condamné à plusieurs reprises pour avoir installé une crèche à la mairie de Béziers. Moins sur le fond que sur la forme, puisque vous avez insisté sur le caractère religieux de la crèche et annoncé que même en cas de condamnation, vous recommenceriez. Vous assumez donc, en tant qu’élu, cette transgression de la loi ?

C’est une transgression par rapport au canon de la laïcité, et je l’assume. Quand M. Wauquiez installe une crèche au Conseil régional,  il parle de « tradition santonnière ». Moi je n’ai aucune envie de dire ça. Je fais une crèche parce que c’est une crèche. Et si vous voulez le fond de ma pensée, je crois que la place de la chrétienté et du catholicisme n’est pas la même ici que celle de l’islam, et que les religions ne se valent pas. 

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.