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PROGRAMME COURT

Déplacements

PAR Jean COUDERC | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 7 min

Comme il n’est pas forcément évident de s’y retrouver dans le magma des mesures proposées par les uns et par les autres, Boudu vous propose, chaque semaine, de résumer les principales propositions des candidats, thématique par thématique. Cette semaine, les déplacements, sujet phare de toutes les campagnes municipales dans la Ville rose.

Archipel Citoyen
Sans surprise, Archipel Citoyen est favorable au développement des transports en commun et à la diminution de la place de la voiture en centre-ville. Pour y parvenir, Antoine Maurice s’est déclaré favorable à la limitation à 30 km/h (presque) partout en ville et à la généralisation des bornes automatiques afin de restreindre l’accès des véhicules à l’intérieur des boulevards. Concernant les grands projets, la tête de liste d’Archipel Citoyen s’est montré très critique sur la 3e ligne de métro à qui il reproche de phagocyter quasiment tout le budget transport. L’élu écologiste, qui reproche à Jean-Luc Moudenc de tout miser sur un seul projet, est donc favorable à un phasage, pour ne pas se trouver dans l’incapacité de financer d’autres infrastructures comme le prolongement de la ligne B, le tramway jusqu’à la gare ou la création de nouvelles pistes cyclables. Antoine Maurice croit par ailleurs beaucoup au projet de RER toulousain. Et avoue réfléchir à la mise en place d’une voie de bus sur le périphérique.

 

Pour la cohésion ! L’autre choix »
L’ancien maire de Toulouse en est persuadé : le principal enjeu en termes de mobilités pour l’avenir est de parvenir à proposer une alternative à la voiture. Stoppé dans son élan par sa défaite au scrutin de 2014, Pierre Cohen revient six ans après avec la ferme intention de terminer le boulot. C’est-à-dire de terminer son projet de tramway en reliant le Palais de justice jusqu’à la gare Matabiau, via les berges du Canal du midi. Mais aussi de prolonger la ligne B du métro « qui aurait pu se faire au cours du mandat actuel » et de développer un réseau de RER. Concernant la 3e ligne, la tête de liste de Pour la cohésion ! L’autre choix n’y est plus aussi farouchement opposé que par le passé mais considère qu’elle n’est pas urgente et qu’elle devrait passer par l’aéroport. Autre idée, enfin, du candidat de Generation(s) : imaginer une nouvelle organisation urbaine afin d’offrir des routes multimodales mêlant à la fois les nouvelles mobilités (comme les trottinettes), les vélos, les bus, les piétons et les voitures.

 

Une nouvelle énergie
Soupçonnée par son adversaire Jean-Luc Moudenc de vouloir y mettre un terme, Nadia Pellefigue l’a assuré : si elle est élue le 22 mars prochain au Capitole, la 3e ligne de métro verra le jour. Pas question, cependant, pour la vice-présidente du Conseil régional de tout miser sur cette infrastructure pour décongestionner la ville et la métropole. Pour réduire la circulation automobile et rendre la ville aux piétons et aux mobilités douces, elle propose de construire sept portes à étages végétalisés aux entrées/sorties de ville afin d’y accueillir des stationnements pour les véhicules individuels. Pour les relier les unes aux autres, elle propose la mise en place d’une navette circulaire sur la rocade. Désireuse de promouvoir la pratique du vélo, elle compte s’inspirer de Rotterdam pour créer des voies express vers les zones d’activité et d’emploi ainsi que des stationnements sur les lieux d’étude, de travail, de loisirs ou devant les commerces. Elle propose d’autre part de prolonger le futur téléphérique de l’Oncopole vers Basso-Cambo d’un côté et vers Montaudran de l’autre. Elle envisage enfin de baisser la vitesse à 70km/h sur le périphérique et de tester le « mois sans voiture ».

 

Toulouse Belle&Forte
L’ancien adjoint en charge du logement de Jean-Luc Moudenc se veut réaliste : la voiture ne disparaîtra pas de sitôt de Toulouse. Favorable à la 3e ligne de métro, qu’il verrait cependant bien passer par l’aéroport, Franck Biasotto se démarque, en revanche, du maire de Toulouse en se prononçant en faveur d’un projet de RER toulousain. Comme les autres prétendants au Capitole, l’élu veut favoriser les modes de transports doux, améliorer le maillage de pistes cyclables et mettre en place des navettes en bus pour les quartiers faubourgs de Toulouse. Pas question toutefois de piétonniser à outrance, « les gens n’y étant pas prêts en centre-ville ». Adepte de la concertation, la tête de liste de Toulouse Belle et forte souhaite lancer des études et « plancher » avec les commerçants et comités de quartier.

  

Aimer Toulouse
Il avait annoncé qu’elle ne pourrait voir le jour en un seul mandat, logiquement la 3e ligne de métro constitue toujours le projet phare du candidat de « Aimer Toulouse ». Convaincu qu’elle est populaire auprès des Toulousains, Jean-Luc Moudenc n’a pas hésité à faire du scrutin un référendum pour ou contre ce nouvel équipement.
Le maire de Toulouse est en revanche beaucoup moins enthousiaste sur le RER qu’il a néanmoins réintégré dans son programme à la condition que les trains ne concurrencent pas son métro. Pour le reste, il propose de consacrer 10 millions par an pour supprimer les discontinuités cyclables. En plus de vouloir installer des cédez-le-passage cyclables sur 100% des croisements et transformer les bandes cyclables en véritables pistes cyclables, il veut doubler le nombre de « zone 30 » et rendre le pont Saint-Pierre aux piétons et aux cyclistes. Il promet enfin la création de trois nouvelles lignes de bus Lineo dans les quartiers et d’élargir l’ouverture du métro jusqu’à 3 heures du matin dès le jeudi pour « faciliter les déplacements des étudiants ».

 

Rassemblement toulousain
En matière de transports, le candidat du Rassemblement national se veut pragmatique. Considérant, à l’instar de ses adversaires politiques, que Toulouse est saturé, il s’est prononcé en faveur de la 3e ligne de métro, dont il conteste néanmoins le tracé, et du projet de RER toulousain. Il souhaite également prolonger les ligne A et B du métro vers les communes de la métropole comme Tournefeuille, l’Union ou Aucamville, et la ligne de Tramway T2, de l’aéroport de Toulouse-Blagnac vers la gare Matabiau. Il ne se prononce, en revanche, pas sur l’ordre des priorités…

 

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.