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INTERVIEW

Jean-Luc Moudenc : « J’appelle les Toulousains à ne pas se laisser enfumer. »

PAR Jean COUDERC et Stéphane THÉPOT | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 8 min

En 2014, Jean-Luc Moudenc retrouvait son fauteuil de maire chipé par son rival socialiste Pierre Cohen en 2008. Boudu est allé voir celui qui, il y a six ans, promettait de donner un nouvel élan à Toulouse, pour faire le bilan de ses réalisations… et de ses frustrations.

Tout le monde annonce que l’écologie sera la grande cause du scrutin. Qu’en pense le maire de Toulouse ?

Il y a eu coup sur coup, lors des étés 2018 et 2019, des épisodes caniculaires qui ont alerté les Français, plus encore dans les grandes villes qu’en milieu rural. Ces événements ont créé une sensibilité beaucoup plus exacerbée sur ce sujet, ce qui explique que, lors de ces élections municipales, quasiment toutes les listes présenteront des projets d’écologie urbaine beaucoup plus ambitieux que lors des précédents scrutins. Même si le problème est mondial, on doit tous, là où nous sommes, changer nos habitudes et contribuer à la mise en place de nouvelles et bonnes pratiques. 

L’écologie n’a pourtant pas toujours été le cheval de bataille de la droite ni le vôtre. En 2014, vous reprochiez même à Pierre Cohen de vouloir chasser la voiture du centre-ville. Du coup vos opposants vous reprochent une tardive conversion écologique.

Je mentirais si je disais que j’ai toujours eu cette préoccupation à l’esprit. Je pense que j’ai fait le même chemin que beaucoup de citoyens, c’est-à-dire celui d’une sensibilisation progressive. Par contre, je récuse l’accusation de conversion tardive. Si nous affichons en fin de mandat un bilan record en matière de développement durable, c’est bien parce que nous avons engagé des projets dès le début du mandat. Sur la transition énergétique, la grande fierté de ce mandat est que notre municipalité a fait en six ans autant que toutes les municipalités toulousaines en un siècle. On a planté 18 000 arbres, et c’est bien évidemment sur tout un mandat. Je rappelle qu’entre 2008 et 2014, on ne parlait quasiment pas de végétalisation alors qu’il y avait pourtant des Verts au pouvoir au Capitole. Je me reproche surtout de ne pas avoir assez communiqué là-dessus plus tôt. 

C’est-à-dire ?

J’avais, par exemple, décidé la construction d’une 2nd centrale hydroélectrique lors de mon premier mandat de maire. Je ne m’en étais pas vanté. Idem pour le premier toit végétalisé à Toulouse sur le Palais des Sports ou l’agenda 21 que nous avions adopté. C’est vrai que je n’ai pas revendiqué cette antériorité écologique. C’est sans doute le tort que j’ai eu. Alors que nous avons un bilan écologique considérable. Et n’oublions pas notre projet-phare de reconversion de l’île du Ramier en poumon vert, rendu possible parce que nous déménageons le parc des expositions. Je rappelle que, si on avait écouté Antoine Maurice (Les Verts), il n’y aurait jamais eu cette reconversion puisqu’il était contre ce déménagement. Il s’était même opposé à Pierre Cohen sur ce sujet. Ici, on a les Verts les plus rouges de France !

Dès le début de votre mandat, vous avez décidé d’augmenter fortement les impôts alors que vous aviez promis la stabilité fiscale. Si vous aviez la possibilité de changer les choses, les referiez-vous de la même manière ?

N’oublions pas la cause de cette augmentation : la considérable perte de recettes dans notre budget du fait de la décision unilatérale du gouvernement de 2014 d’amputer comme jamais les finances des collectivités locales, ce qu’on appelle les dotations de l’état ! Et qu’à mon arrivée aux manettes, l’épargne municipale avait disparu, alors que nous étions la ville qui avait le plus de capacité d’investissement lorsque j’avais remis les clés de la Ville à Pierre Cohen en 2008. J’ai donc été pris dans un dilemme : respecter mon engagement de stabilité fiscale et renoncer à accompagner le développement record de Toulouse, ou bien donner à Toulouse le nouvel élan promis et renoncer à la stabilité fiscale pour le financer. J’avais donc le choix entre ne pas respecter une promesse ou ne pas en respecter une autre. C’est un choix terrible ! Au mépris de mon confort politique, j’ai fait le choix du développement de Toulouse. On est la ville qui gagne le plus d’habitants. Donc, forcément, c’est là où il y a le plus de besoins d’investissements en France. Et, si nous n’avions pas été capables de financer des écoles, des crèches, des équipements de quartiers, des aménagements urbains, alors la qualité de vie des Toulousains aurait reculé, il y aurait eu un recul généralisé de nos services publics de proximité. J’ai donc fait le choix du risque politique. Et puis, la suite permet de rééquilibrer les choses.

Que voulez-vous dire ?

La suppression en cours de la taxe d’habitation (TH), dont le mérite revient au gouvernement actuel, a eu comme conséquence, depuis novembre 2019, que 70 % des Toulousains ont été remboursés de l’effort fiscal que je leur avais demandé. Et les 30 % qui continuent à payer la TH seront remboursés entre 2021 et 2023. Je vois qu’il y a des candidats qui me reprochent cette augmentation de la fiscalité. Je leur dis : si vous êtes sincères, proposez dans votre programme le retour au taux de fiscalité de 2014 et indiquez les investissements et les services que vous supprimerez. J’observe que personne ne le fait…

à propos de fiscalité, vous évoquez parfois un risque de déresponsabiliser les habitants en supprimant les impôts directs…

En effet, et je ne suis pas le seul à le penser. Le maire qui a le plus porté cette objection était le maire socialiste du Mans, aujourd’hui décédé, Jean-Claude Boulard. C’est une critique de bon sens : dans une ville comme Toulouse, où il y a 32 % de propriétaires et 68 % de locataires, cela veut dire que près de 7 habitants sur 10 n’auront plus de lien fiscal avec la commune avec la suppression de la taxe d’habitation. Ce qui est une très grande nouveauté et porte en soi le risque de la déresponsabilisation, c’est-à-dire celui de voir des habitants demander plein de choses à leur maire sans avoir la crainte d’avoir ensuite à payer. 

Éprouvez-vous d’autres des regrets sur ce mandat ?

Oui, que les choses n’aillent pas assez vite. Sur les transports par exemple : avec 4,2 milliards investis entre 2015 et 2030, c’est du jamais vu à Toulouse et c’est un record de France hors Paris. Pour autant, la mise en œuvre des projets prend du temps, tandis que le développement de l’agglomération continue et s’accélère encore. Il y a donc toujours un décalage entre le rythme du développement, dû au dynamisme des Toulousains, et le rythme des réalisations pour l’accompagner. 

Toulouse est-elle condamnée à avoir un train de retard ?

Je parle bien du décalage, pas du développement de Toulouse. Contrairement au discours tenu par les Verts sur la décroissance ou par le Rassemblement national pour la « démétropolisation », je désapprouve ces discours anti-développement. Les projets portés par les élus sont, par ailleurs, soumis à des procédures de plus en plus lourdes qui rallongent les délais de mise en œuvre des projets. Sans parler de la concertation.

C’est-à-dire ?

Qui peut être contre la concertation ? Les citoyens ne veulent plus uniquement mettre un bulletin dans l’urne tous les six ans, mais ils veulent s’impliquer en permanence. Quoi de plus légitime ? Mais il faut aussi regarder les inconvénients ; par exemple, cela ralentit la décision publique. Autre exemple : l’urbanisme. J’avais promis aux Toulousains la densité modérée. Souvent, ils me disent avoir du mal à la voir arriver dans leur quartier. Et ils n’ont pas tort.

Pourquoi ?

Parce qu’entre-temps la loi a changé et que le Plan Local d’Urbanisme (PLU) est devenu intercommunal (PLUi-H): alors que ce plan était jusqu’alors voté par la commune seule, il se décide désormais à l’échelle de la métropole. On a donc dû construire un plan d’urbanisme à 37 communes, malgré la diversité des situations et des sensibilités politiques. Cela a pris plus de quatre ans. Et, pendant ces quatre ans, on a continué à délivrer des permis sous l’ancienne règle : c’est pour ça que les gens, notamment à Saint-Simon, n’ont pas vu la différence. Ils espéraient un ralentissement immédiat du rythme. Mais ils ne l’ont pas vu… Par contre, ils le voient depuis début 2019 et l’entrée en vigueur du nouveau plan, en mai. Partout, il y a un recul du nombre de permis accordés. Donc la modération de la densité, ça y est, elle est devenue réalité. Enfin, la sécurité est également un motif de déception. 

Elle était pourtant au cœur de votre campagne en 2014 ?

Nous avons investi en cette matière comme jamais aucune municipalité toulousaine ne l’avait fait : on a doublé le nombre de policiers municipaux, installé 380 caméras, multiplié par sept le nombre d’interventions de la police municipale, rétabli les patrouilles dans les quartiers prioritaires toute la journée, etc… On a des résultats. Mais l’effort de la commune n’a pas été accompagné par un effort concomitant de l’État : il manque toujours des policiers nationaux et des magistrats à Toulouse. Et les Toulousains expriment leur insatisfaction.

Vous trouvez ça injuste ?

Un peu, car les gens ne distinguent pas ce qui relève de la responsabilité du maire et ce qui incombe au seul État. Ainsi, dans son tract à ce sujet, le Rassemblement National donne des chiffres de la délinquance qui se rapportent au domaine d’action de la police nationale et non municipale. Cela ne relève pas du maire. On voit bien que ce candidat joue sur l’ignorance des Toulousains. 

Que voulez-vous dire ?

Quand j’explique qu’un policier municipal n’a pas le droit de faire un contrôle d’identité, ni de procéder à une interpellation ou à l’évacuation d’une tente sur l’espace public ou de participer à une opération de maintien de l’ordre, les gens tombent des nues. Donc, je comprends qu’il y ait des déceptions sur ces questions-là, parce que moi-même je les éprouve. Cela fait 20 ans que les maires des grandes villes, toutes tendances confondues, demandent en vain aux différents gouvernements de faire évoluer la loi pour nous donner un certain nombre de responsabilités sur ces questions de sécurité.

Vous arrivez au terme de votre premier mandat de maire réalisé dans son intégralité. Quel bilan établissez-vous ?

Comme je l’avais promis, nous avons redonné un nouvel élan à la ville dans les différents domaines où nous étions attendus. La sécurité par exemple : jamais une municipalité toulousaine n’avais mis en place autant d’outils au service de la tranquillité publique. Mais, aussi, dans le développement durable : jamais aucune municipalité toulousaine n’avait agi à ce point pour la sobriété énergétique ou la transition écologique. Bilan également extrêmement positif en matière de transport : jamais aucun plan d’investissement n’avait atteint la dimension de notre plan mobilité. Ou en matière d’éducation : jamais aucune municipalité toulousaine n’avait construit autant de groupes scolaires en une seule mandature.

Vu l’augmentation de la population, cela semble logique. Et puis n’est-ce pas le rôle de la mairie que de construire des écoles ?

Certes, mais il y avait un retard. Quand nous sommes arrivés, on dépensait des millions dans des algécos. On en installe toujours car il y a encore des situations provisoires, mais on a n’a jamais autant investi pour l’école. Nous avons également mené une politique très ambitieuse pour mettre en valeur le patrimoine de Toulouse et donné un nouvel élan à l’économie touristique ; ainsi, d’ici quelques mois, Toulouse s’inscrira au 3e rang des grandes villes françaises pour la capacité à accueillir des congrès et des manifestations. Cela va produire de la richesse et créer des emplois de niveaux de qualification diversifiés.  

Quel est votre principal motif de fierté sur ce mandat ?

Je suis fier d’avoir réussi, avec mes collègues des autres communes, à bâtir des plans stratégiques consensuels sur des sujets essentiels, comme celui de l’investissement pour les aménagements routiers, le PDU (plan de déplacements urbains) pour les transports en commun ou celui de l’urbanisme. Dans une métropole qui se développe à un si fort rythme, on a réussi à travailler sur le fond en faisant fi des postures politiciennes. On a finalisé le projet de 3e ligne de métro en faisant taire les mauvaises langues qui le disaient irréaliste. Il n’y a plus qu’à appuyer sur le bouton pour le commencer. Ou pas. C’est d’ailleurs pourquoi je dis depuis que je suis candidat : les Toulousains devront, par leur vote en mars prochain, confirmer ce projet ou y renoncer. 

Pourquoi vouloir un référendum pour ou contre le métro ?

Je me suis aperçu, il y a quelques mois, à l’approche de la campagne électorale, que mes opposants à Toulouse critiquaient ce projet pourtant accepté et attendu, y compris à Colomiers ou à Labège. C’est là que j’ai compris qu’il devrait être revalidé par le vote de mars prochain. 

Mais Nadia Pellefigue a pourtant dit qu’elle ne reviendrait pas sur le 3e ligne de métro…

Il faut tout entendre ! Depuis que j’ai posé ainsi la question en des termes clairs, en septembre, mes opposants ont masqué leurs critiques parce qu’ils se sont rendus compte de l’existence d’une attente dans l’opinion. J’appelle les Toulousains à ne pas se laisser enfumer. Car on ne sait pas ce que mes opposants en pensent au fond. Et il y a fort à parier que ce projet serait remis en cause. Mon rôle est d’alerter les Toulousains car c’est un projet auquel nous avons consacré beaucoup de temps, qui est parfaitement travaillé sur le plan technique et financier. 

Qu’est-ce qui vous fait dire que les Toulousains veulent de cette 3e ligne de métro ?

Je suis au contact des Toulousains tous les jours. Je sens bien leur attente. Et puis, l’enquête publique a été un succès : on a eu un nombre de contributions bien supérieur à la moyenne sur ce type de projets ailleurs en France. Les avis sont très positifs, les commissaires enquêteurs eux-mêmes ont donné un avis positif. Ils n’ont émis que trois réserves, mineures. Pour un projet de 2,7 milliards, c’est un formidable succès. Mes opposants se sont emparés de ce sujet au mépris du travail consensuel que nous avons mené avec des collectivités socialistes, comme le Sicoval, la mairie de Colomiers, la Région Occitanie ou le Département. Je rappelle que la Région y apporte 150 millions d’euros alors qu’elle n’a pas mis un centime ni pour la ligne A, ni pour la ligne B. 

On entend de plus en plus dire que le centre-ville se « gentrifie », qu’il est réservé aux riches. Qu’en pensez-vous ?

C’est un mot à la mode, utilisé à des fins polémiques par l’extrême gauche et repris par une partie de la gauche. Cette idée, selon laquelle on opérerait à Toulouse une sélection sociale par le logement, est fausse. Prenons l’exemple du projet du Grand Matabiau où 2 500 à 3 000 logements sont prévus. Si notre intention était de le livrer aux promoteurs uniquement pour de l’accession à la propriété ou des logements en location à loyers libres, on risquerait effectivement d’instaurer la loi du plus fort. Sauf que nous avons prévu exactement le contraire. On a posé comme principes : 35 % de logement social (alors que la loi dit qu’il faut atteindre 25 %), 10 à 15 % de logements en accession sociale à la propriété et 10 à 15 % de logements à prix abordables ou maîtrisés, c’est-à-dire des logements conventionnés avec les promoteurs. Résultat : on aura 60 à 65 % des logements qui ne seront pas livrés à la libre loi du marché. Je souhaite, d’ailleurs, que l’on reproduise ces pourcentages dans toutes les grosses opérations, comme à La Grave. 

On vous sent agacé sur ce sujet ?

Oui, parce que ce procès en gentrification est mensonger. En matière de logement social, je n’ai aucune leçon à recevoir, ni s’agissant de mon parcours personnel, ni dans mon bilan de maire. En production de HLM, pendant ce mandat, on a réalisé 12 % en plus que la précédente municipalité. Donc, on a fait plus que la gauche en matière de logement social. Et Toulouse Métropole Habitat produit trois fois plus de logements nouveaux. Je rappelle, en outre, que nous avons signé, en juin 2019, avec le gouvernement, un plan de renouvellement urbain pour les quartiers, politique de la ville qui représente, en effort financier, 70 % de plus que lors de la précédente mandature.  D’ailleurs, quand on compare le niveau de revenu des Toulousains avec ceux des habitants des communes autour, on voit bien que c’est plus bas ici. Ce qui veut bien dire que, depuis longtemps, toutes les municipalités ont mené une politique très attentive au logement pour tous. Toulouse n’est pas Bordeaux !

Pourquoi avoir renoncé à expérimenter l’encadrement des loyers à Toulouse ?

Là encore, il s’agit d’un totem brandi par mes opposants sans aucune argumentation. C’est une posture idéologique. Il faut faire attention lorsque l’on dit que l’immobilier flambe à Toulouse, de ne pas mélanger le prix de vente des logements et l’évolution des loyers. Les loyers ne flambent pas à Toulouse. Quand la nouvelle loi (Elan) a été promulguée, j’ai souhaité regarder de façon pragmatique cette question en créant un groupe de travail à qui j’ai simplement demandé un rendu avant de rentrer dans la période électorale. Le résultat est implacable : sur les quatre critères légaux nécessaires pour qu’un territoire remplisse les conditions d’un encadrement des loyers, nous n’en remplissons aucun. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faudra pas être vigilant à l’avenir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons pris des mesures pour garantir cette modération, avec notamment la création d’un office foncier solidaire qui va nous permettre de distinguer le foncier du bâti pour faire en sorte que la collectivité reste propriétaire du foncier et que seul le bâti soit commercialisé, rendant donc moins cher le logement vendu en accession sociale à la propriété.

Venons-en à l’élection. La gauche se présente en ordre dispersé avec notamment la candidature tardive de Pierre Cohen. Que vous inspire-t-elle ?

Il a fait le constat qu’il restait, dans le peuple de gauche, la référence. C’est un fait objectif que nul ne peut contester. Il a sorti un sondage pour appuyer sa propre conviction. Je pense que ce n’était pas nécessaire. J’ai moi-même connu ça entre 2008 et 2014, où certains m’avaient contesté à droite ou au centre, ce qui était normal puisque que j’avais été battu. Pour autant, je restais la référence de centre-droit pour les Toulousains. 

Pierre Cohen constitue-t-il, à vos yeux, une menace ?

Pierre Cohen est un homme que je ne sous-estime pas. Il m’a sous-estimé en 2014. Je ne le sous-estime pas aujourd’hui.

Reste qu’à vous entendre, c’est Antoine Maurice qui est votre principal adversaire.

Il s’agit d’une analyse objective. Quand on additionne les scores des Verts, de la France insoumise, plus une dissidence du parti socialiste, plus des collectifs ultra, on obtient quelque chose de très représentatif à Toulouse. Au-delà de les considérer comme mes opposants les plus forts, je les considère surtout comme mes opposants les plus dangereux. S’ils prenaient les commandes de la Ville, ce serait une rupture extrêmement négative dans son développement, mais aussi pour l’économie et l’emploi. Ce serait le saut dans l’inconnu. Or, une grande ville, pour se transformer dans la cohérence, a besoin de temps. Même si la mode n’est pas au temps long. Il faut donc de la continuité. Et cette continuité, c’est moi qui l’incarne dans cette élection. 

Candidat sans étiquette, vous êtes néanmoins soutenu par Les Républicains et LREM. Ne craignez-vous pas l’amalgame Macron=Moudenc ? 

On a effectivement du mal à m’étiquetter parce que je refuse d’être enfermé dans une étiquette pro ou anti-gouvernementale. Je suis pro-Toulouse en vérité. Quand le gouvernement prend des décisions favorables à Toulouse, je le dis, et quand les décisions prises sont contraires à l’intérêt des grandes villes, je le dis aussi. Quand il a dit non, en 2017, à la LGV ou lorsqu’il a modifié de manière autoritaire le financement du logement social, j’ai protesté. Par contre, quand il a choisi Toulouse pour y créer la Cour administrative d’appel de la région, j’ai applaudi. Je veux garder jusqu’au bout cette liberté. Que certains de mes opposants soient tentés de nationaliser le scrutin est un signe de faiblesse de leur part. Cela signifie qu’ils n’ont pas de projet municipal crédible à faire valoir. Ils préfèrent surfer sur une posture anti-gouvernementale parce qu’il y a du mécontentement. Mais les Français sont toujours mécontents de leur gouvernement ! 

N’y-a-t-il pas cependant un risque que cette élection tourne au référendum pour ou contre Macron ?

Je considère que cette volonté de changer le débat est une atteinte à la démocratie. C’est une manière de tromper les Toulousains car, même si cette élection tourne au référendum pour ou contre le gouvernement, Emmanuel Macron demeurera président de la République en 2020. Ne nous ne trompons pas d’élection et ne trompons pas les Toulousains !

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.