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de l'autre côté de la rocade

L’Union : un duel gauche-droite « sans étiquette » … contre le moustique-tigre


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Élu avec 43,93% des voix en 2014 à la faveur d’une triangulaire face à deux listes « divers droite », Marc Péré sait qu’il sera cette fois élu, ou battu, à la majorité absolue. « Si je perds, c’est à n’y rien comprendre » glisse le maire sortant, étiquetté « divers gauche ». Sauf surprise de dernière minute, il n’y aura en effet que deux listes en présence à L’Union (contre 5 en 2014). L’élection se jouera donc en seul tour, façon roulette russe. L’unique opposante déclarée, Christine Gennaro-Saint, est secrétaire départementale du parti Les Républicains. Tout est donc en place pour un classique duel droite-gauche à L’Union. Sauf que la tête de liste de l’opposition préfère ne pas mettre de logos en avant. « Les gens se moquent de savoir si Marc Péré est communiste ou si j’adhère à LR » dit Christine Gennaro-Saint, qui préfère parler du sujet de préoccupation n°1 des habitants qu’elle rencontre sur le terrain : comment lutter contre le moustique-tigre ?

La question peut prêter à sourire, mais elle empoisonne réellement la vie de la plupart des 11.000 habitants de cette commune résidentielle, où plus de 80% des gens sont propriétaires d’un pavillon. Mais comment profiter de son jardin depuis l’arrivée massive de cet insecte ? Ancienne adjointe de Georges Beney, Christine Gennaro-Saint se présente comme la digne héritière de Georges Beney, l’indéboulonnable maire (sans étiquette) de L’Union entre 1972 et 2014. Marc Péré a pu bénéficier d’une division entre les anciens adjoints de ce patriarche faussement patelin pour s’imposer dans une commune qui n’avait connu que des maires classés « divers droite » depuis la Libération. Habile, le premier maire de gauche de l’histoire de la commune a toutefois réussi à se mettre d’anciens opposants réputés de droite dans la poche. Jacques Dahan, un autre ancien adjoint de Georges Beney qui conduisait une liste « divers droite » en 2014, figure aujourd’hui en dernière position sur sa liste. « J’ai 4 des 5 anciens concurrents avec moi », se félicite cet ingénieur qui dirigeait le pôle de compétitivité de l’Aerospace Valley avant de se consacrer à la politique. Confiant, Marc Péré espère même bénéficier du soutien de Georges Beney lui-même. « Je le rencontre régulièrement », assure-t-il.

Le maire de L’Union risque toutefois de ne jamais obtenir publiquement un tel adoubement. En dehors de sa commune, il a en effet fusionné son petit groupe d’élus non-alignés à Toulouse-Métropole avec celui des écologistes toulousains. Marc Péré s’affiche ouvertement comme un soutien de la liste Archipel Citoyen. Au point de s’attirer les foudres de Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse a prévu de venir soutenir Christine Gennaro-Saint lors d’une réunion publique, le 10 mars prochain. Pour le président de Toulouse-Métropole, il s’agit de remettre L’Union dans le giron de sa majorité. Historiquement, Georges Beney fut le plus fidèle allié des maires de Toulouse pour s’assurer une majorité face aux communes socialistes de l’agglomération. Le deuxième tour de l’élection municipale se jouera donc dans l’enceinte de Toulouse Métropole, où L’Union n’a plus que deux élus au lieu de trois.

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