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Maire d’alors

Pierre Baudis, maire de Toulouse de 1971 à 1983

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 4 min

Avant de choisir le maire de demain, découvrons qui étaient les maires d’hier. Cette semaine, Pierre Baudis.

Affiche politique éditée à l’occasion de la campagne des élections législatives des 14 et 11 mars 1973. Ville de Toulouse, Archives municipales, 12Fi201.

Les Toulousains n’ont pas toujours été des électeurs de gauche votant pour des maires de droite. Cette curiosité locale est née avec Pierre Baudis au début des années 1970. Avant lui, et depuis la première élection des conseillers municipaux au suffrage universel (1884), il fallait être socialiste ou radical de gauche pour se hisser au balcon du Capitole.

C’est en 1969 qu’un virage s’amorce. Cette année-là, l’ancien premier ministre du Général de Gaulle, Georges Pompidou, arrive à l’Élysée. Même les Toulousains, qui optent systématiquement aux présidentielles pour le candidat socialiste, ont voté pour lui. Il faut dire qu’il n’y avait aucun candidat de gauche qualifié au second tour. Ceci explique cela.

Quand Pompidou arrive à l’Élysée, on n’est qu’à deux ans des municipales. Le Capitole est occupé depuis 1958 par le socialiste Louis Bazerque, bâtisseur du Mirail et d’Empalot, et premier maire à subir l’explosion de la circulation automobile (pendant son premier mandat, le nombre de voitures circulant dans la ville a plus que doublé). En signe d’ouverture et en vertu d’accords électoraux avec le centre droit, il a confié le portefeuille du social à Pierre Baudis, centriste, aveyronnais et administrateur civil au ministère des finances.

À l’approche des municipales, les deux hommes se brouillent, et l’alliance SFIO – centre droit explose. Baudis, estampillé Républicains indépendants, se présente contre le maire sortant, et l’emporte. La télé parisienne court alors à Toulouse filmer ce sexagénaire giscardien à l’accent du Sud, qui gère en père peinard sa ville et ses administrés de gauche, sous le buste barbu de Jean Jaurès.

Pierre Baudis, en visite dans une école primaire, 1975. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi3494.

Trois ans plus tard, les Toulousains votent Mitterrand contre Giscard à 55%… avant de réélire Baudis, leur maire giscardien en 1977. La bonne gestion des finances de la ville, la construction de foyers pour les anciens, de crèches, de mairies de quartier, l’aménagement de promenades en bord de Canal et de Garonne, l’ouverture des premières rues piétonnes, l’annulation du projet de transformation du Canal en voie rapide, le tracé de la rocade, la sortie de terre des quartiers « modernes » de Compans, Marengo et Saint-Georges, du Jardin japonais et de La Ramée, font de Pierre Baudis un maire apprécié et populaire.

Ce dernier décide pourtant de ne pas se représenter en 1983, après un quart de siècle à siéger au Capitole, dont 12 ans comme maire. Il prononce un discours d’adieu à la télé régionale, et propose aux Toulousains de choisir à la fois « le renouvellement et la continuité » en plaçant son fils Dominique dans le fauteuil de maire. Le même jour sur la même chaîne, le sénateur socialiste André Méric (le père de l’actuel président du Conseil départemental 31) met en garde les Toulousains contre « les forces réactionnaires et les méfaits du capitalisme » représentés par Baudis fils. La gauche tentera bien d’empêcher cette passation de pouvoir en opposant à Dominique Baudis, présentateur vedette du journal de TF1, le remuant député Gérard Bapt, mais en vain. Baudis fils sera élu haut la main, et ne quittera le Capitole qu’au printemps 2001.

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