Reportage

Sur les traces de Jean Castex

Rédaction : Jean COUDERC,
Photo : Rémi BENOIT,
le 4 novembre 2020 Temps de lecture : 15 min.
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Le 3 juillet, le président de la République nommait à la surprise générale Jean Castex Premier ministre. Inconnu du grand public, cet énarque de 54 ans, conseiller à la Cour des comptes, se voyait confier l’ambitieuse mission de réformer l’État et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires. Son atout (supposé) ? Être un élu de terrain, proche des préoccupations de la France profonde. Pour en avoir le cœur net, Boudu a mené l’enquête du côté de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, où l’ancien directeur de cabinet de Xavier Bertrand à la Santé et au Travail a établi son fief il y a une dizaine d’années.

Le soleil est généreux en ce mardi 22 septembre sur le marché de Prades. Mais il en faudrait davantage pour dérider Nicolas Berjoan qui ressasse, attablé à la terrasse du Bar du marché avec quelques camarades de la liste « Prades en collectif », l’échec de la dernière élection municipale. Largement battu par Jean Castex, le chef de file de l’opposition pradienne ne digère pas sa défaite. Ou plutôt continue de dénoncer l’imposture du maire sortant en buvant nerveusement son café : « Dans la mythologie locale, c’est l’homme le plus compétent de Prades. Mais il n’a rien fait de fondamental, à part détruire de vieux immeubles pour faire des parkings, étendre la ZAC pour faire plaisir à son copain du Super U, et refaire quelques trottoirs. En deux mandats, le bilan est maigre.
Il faut dire qu’il est rarement là. Il passe son temps à cirer les pompes à Paris. Pas étonnant qu’il ait fini par être récompensé... »
Difficile pourtant d’imaginer, au vu du score (76 % des voix dès le premier tour) obtenu par le Premier ministre dans les urnes, que la population partage l’avis du maitre de conférences en histoires contemporaines à l’Université de Perpignan. Un rapide sondage sur les étals du marché de Prades suffit d’ailleurs pour constater que la popularité de l’ancien Premier magistrat de la ville est encore élevée... surtout auprès des personnes âgées. « Pas étonnant, Castex, c’est un croque-mémés, il connaît toutes les mamies par leur prénom », justifie Berjoan.
Tout au plus regrette-t-on, dans le camp de ses partisans, d’avoir dû le laisser filer à Matignon. Rien de plus logique, toutefois, pour son successeur à l’Hôtel de ville, Yves Delcor, qui se doutait bien qu’il ne pourrait pas garder éternellement son Castex pour lui. « Bien sûr que les Pradéens sont frustrés de l’avoir vu partir. Mais ils1

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