Portrait

Lacroix, un roman toulousain

Rédaction : Jean COUDERC,
Photo : Matthieu SARTRE,
le 5 janvier 2016 Temps de lecture : 23 min.
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Il a été un rouage essentiel de la mythique équipe du Stade Toulousain qui trustait les Brennus dans les années 1990. Puis il s’est brillamment reconverti dans le monde de la communication en créant l’agence À la Une. Il s’est également lancé à corps perdu dans le projet fou de la Feria de Fenouillet au début des années 2000. Désormais, beaucoup lui prêtent l’ambition de prendre la place de Jean-René Bouscatel à la présidence des Rouge et Noir l’an prochain. Sportif admiré, homme d’affaires respecté, Didier Lacroix avance tel un rouleau compresseur, sans que l’on comprenne véritablement après quoi il court. Frimeur pour les uns, jouisseur pour les autres, il ne laisse personne indifférent. Boudu a essayé de percer le mystère.

Accrocheur, pudique, charmeur, têtu, passionné, hyperactif, impétueux, affectif, insaisissable, excessif, la liste des adjectifs employés pour qualifier Didier Lacroix ressemble à un inventaire à la Prévert.

« J’ai vraiment bossé hyper dur parce qu’au début de ma carrière, c’était loin d’être gagné ». Accrocheur renvoie immanquablement à son passé de joueur. Et peut-être même plus loin, lorsque à l’âge de 6 ans les recruteurs du Stade Toulousain lui ferment les portes du club de ses rêves, jugeant sa taille insuffisante. Il vivra cet échec d’autant plus douloureusement que son frère ainé, lui, intègrera le club. Qu’à cela ne tienne : si le monde de l’ovalie ne veut pas de lui, il jouera au football. Et même plutôt bien. Son premier entraineur à Castelmaurou, Jean-Claude Cauquil, se souvient : « D’emblée il s’est imposé comme le patron de l’équipe. Il avait une très forte personnalité, une intelligence remarquable. Il était incontournable. Sans lui on ne pouvait pas gagner un match. »

Ballon (rond) au pied, Didier Lacroix n’est pourtant pas le plus doué. Mais il a ce que les sportifs appellent la gagne : « Sur le terrain, il suivait les consignes à la lettre. Il jouait libéro et ne supportait pas qu’il y ait quelqu’un derrière lui. Et puis surtout, il ne lâchait rien. » Selon les observateurs avisés, ses qualités de battant auraient pu lui permettre d’envisager une carrière dans le football. Mais quand on s’appelle Lacroix, on ne s’affranchit pas si facilement du Stade Toulousain. Jean, son père, en est un des dirigeants les plus emblématiques. Et Michel, le frère, un des joueurs, dont Didier suit les rencontres tous les week-ends. Bref, dans sa vie, tout tourne autour des Rouge et Noir. Philippe Carbonneau, son ami d’enfance qui deviendra le demi de mêlée que l’on sait, confirme : « On était vraiment amoureux du Stade Toulousain ». Ses souvenirs d’enfance, c’est1

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