Conversation

Aurélien Bory : Un ticket pour l'espace

le 31 mai 2016 Temps de lecture : 11 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Avec l’A380 et le Stade Toulousain de la fin des années 1990, le metteur en scène Aurélien Bory est sans doute ce que Toulouse a produit de meilleur ces 20 dernières années. Formé et propulsé par le contexte artistique local (Lido, Théâtre Garonne, Digue, TNT), il connaît un succès grandissant en France et à l’étranger. Ses créations, difficiles à classer mais faciles à recevoir, ne semblent soumises à rien si ce n’est aux lois de la physique et à l’obsession de leur auteur pour la question de l’espace. Il nous a reçu dans une veste a carreaux et un petit bureau improvisé à l’étage du théâtre de la Digue, où il travaille à la résurrection du lieu et à la création d’Espæce, présenté fin juin au TNT.

 

Aurélien Bory, vous souvenez-vous de la première fois que l’idée de mettre en scène vous a traversé l’esprit ?

C’était à l’école primaire. J’avais un instituteur formidable, M. Müller, qui animait un atelier de théâtre d’ombres. Le cours d’initiation m’avait passionné, mais à ma grande déception, on ne m’avait pas retenu dans le groupe final. Alors, de retour à la maison, avec mon frère, on avait fabriqué notre propre théâtre d’ombres. Pour moi, c’était une sorte de must, une merveille. Le top, indiscutablement. J’ai cet épisode en tête parce que récemment je me suis rendu compte qu’il y avait du théâtre d’ombres dans la plupart de mes spectacles.

L’enfant que vous étiez habite donc plus ou moins consciemment vos créations ?

Le rapport au jeu, qui est évident chez les enfants, est essentiel dans toute création. Pour créer, il faut être curieux et avoir le désir d’apprendre. Ce désir, cette curiosité, sont une part d’enfance qu’on Aurelien BORY-1777n’a pas su éteindre. Mais enfant ou adulte, quelle que soit la quantité de connaissances qu’on accumule, on n’est jamais déterminé que par l’étendue de ce qu’on ignore. C’est une chance, parce que ce ne sont pas nos connaissances qui produisent du sens, mais le lien qu’on établit, le chemin qu’on trace entre elles. Ce qui est intéressant ce n’est pas l’accumulation, c’est le mouvement.

Quel genre d’enfant étiez-vous ?

Un enfant très heureux. Je suis né à Colmar. J’ai baigné dans les arts et dans la culture scientifique. Mon père, après les beaux-arts, a enseigné dans le technique. Il m’a initié aux arts visuels. Ma mère, qui tenait à ce que ses enfants fassent de la musique, m’a encouragé à pratiquer l’alto. D’une certaine manière, mon père a immergé mes yeux dans l’art,1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Enquête -

Goal voleur

« 19 fractures sur tout le corps au total. C’est dire si j’étais jobard. »

> Lire l'article <
Enquête -

Renaissance

" Nous avons un rein pour vous. Vous devez vous présenter dans les trois heures au service de transplantation d'organes de Rangueil. "

> Lire l'article <
Conversation -

Aurélien Bory : Un ticket pour l'espace

C’est à Toulouse que je me suis construit. Inventer un lieu, je pourrais le faire ailleurs, mais c’est ici que j’ai envie de le faire.

> Lire l'article <