Enquête

Best of : Affaire Baupin, mais qu'ont-ils dans le cerveau ?

Rédaction : Philippe SALVADOR,
Photo : Matthieu SARTRE,
le 3 décembre 2016 Temps de lecture : 4 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Des blagues lourdes et des élastiques de culotte qui claquent. Des SMS graveleux et des mains baladeuses. L’affaire Baupin, et toutes celles qui la précèdent. Pour comprendre l’inconséquence de certains hommes politiques, Boudu a interrogé Marlène Coulomb-Gully, professeur à l’Université Jean-Jaurès, qui vient de publier 8 femmes sur un Plateau. Télévision, journalisme et politique, aux éditions Nouveau Monde. 

Que vous inspire l’affaire Baupin ?

Ce n’est pas seulement un fait d’actualité. Cela nous rappelle que notre société est profondément sexiste. Un sexisme érigé en système, des stéréotypes qui habitent chacun d’entre nous. Tout le monde fonctionne selon une double ségrégation. Horizontale d’abord, avec une séparation des sexes en fonction des secteurs d’activités (par exemple, on trouve peu d’hommes dans les métiers de l’enfance ou de la mode). Et verticale ensuite, avec le fameux plafond de verre : en dépit de nombreux progrès, ce sont toujours les hommes qui conservent le pouvoir, dans tous les domaines.

Pourquoi notre société s’est-elle construite ainsi ?

C’est le fruit de 10 000 ans d’histoire, d’une répartition ancestrale des tâches entre les hommes et les femmes. Les religions monothéistes ont d’ailleurs été inventées pour justifier cet ordre établi. Plus près de nous, la Révolution française a renforcé l’exclusion des femmes de l’espace public et en particulier de la politique. C’était conçu comme une nécessité pragmatique, pour que les hommes, déchargés des tâches domestiques, puissent se consacrer aux affaires de l’État. Et on le voit bien aujourd’hui, lorsqu’on discute avec des femmes politiques : elles disent que trois métiers, ce n’est pas tenable. Elles ne peuvent pas assumer à la fois leurs fonctions professionnelles, leurs fonctions politiques, et les tâches domestiques, dont les hommes sont de facto libérés.

Les femmes sont un apanage du pouvoir. Quand il y a une guerre, les vainqueurs s’octroient la jouissance des femmes.

Est-ce parce que le monde politique est masculin qu’il est sexiste ?

Avec 27% de femmes à l’Assemblée Nationale, il y a un fort entre-soi masculin qui empêche de prendre conscience des évolutions de la société. Mais un autre facteur est à considérer : le fait que les femmes sont un apanage du pouvoir. Quand il y1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Portrait -

Clément Leroy, sur place ou à emporter

À 13 ans, il devient recordman du monde du 50 kilomètres à l’envers.

> Lire l'article <
Clément Leroy
Format court -

Allons-y quand même!Cauterets

Cauterets, pour la contemplation Le Pont d’Espagne, goulet d’étranglement où se mêlent gaves, ruisseaux et torrents, offre, quand vient le froid, un spectacle de glace saisissant. C’est l’entrée du parc...

> Lire l'article <
cauterets tourisme ski
Enquête -

Best of : Affaire Baupin, mais qu'ont-ils dans le cerveau ?

« Il faut déconstruire les stéréotypes sexistes qui nous habitent tous. »

> Lire l'article <