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Nicole Belloubet : pas si sage

le 5 avril 2017 Temps de lecture : 14 min.
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Avant de rejoindre les sages du Conseil constitutionnel en 2013, Nicole Belloubet fut tour à tour rectrice d’académie, première adjointe au maire de Toulouse et vice-présidente du conseil régional Midi-Pyrénées.  En ville, elle a laissé le souvenir d’une femme libre et affranchie, démissionnant du rectorat en 2005 pour cause de désaccords avec François Fillon, organisant, en 2008 à Toulouse, des assises de la culture ouvertes à tous, et suscitant des rumeurs tenaces lui prêtant un charisme trop fort pour le maire d’alors, Pierre Cohen. À quelques semaines de l’élection présidentielle, organisée sous la haute autorité du Conseil constitutionnel, nous sommes allés à sa rencontre. Et comme sa parole se fait rare depuis son départ du Capitole, on n’en a pas loupé une miette.

Nicole Belloubet, quel rôle le Conseil constitutionnel joue-t-il exactement dans l’organisation de l’élection présidentielle ?
Nous sommes compétents de A à Z. Tout passe par le Conseil constitutionnel, des avis sur tous les textes qui organisent les élections à la vérification des parrainages. Cette année, la loi a conduit à les publier régulièrement pour plus de transparence. Et puis, passé le jour de l’élection, le conseil siège sans discontinuer pendant trois jours pour vérifier les résultats. Et c’est le président du Conseil qui proclame officiellement élu le président de la République.

Vous n’étiez pas programmée pour siéger dans cette grande institution de la démocratie française…
C’est vrai. Quand Jean-Pierre Bel me l’a proposé en 2013, j’étais vice-présidente du conseil régional et heureuse de l’être. Le Conseil constitutionnel, pour une ancienne étudiante en droit comme moi, semblait totalement inatteignable et magnifique.

Certains, à l’époque, y ont vu un moyen de vous évincer de la course à la présidence de la Région…
Être présidente de Région, c’est une fonction extraordinaire ! C’est une fonction qui m’aurait plu. Je l’ai d’ailleurs dit à Carole Delga quand elle s’est présentée. Ce que je fais au Conseil constitutionnel est passionnant, exceptionnel, mais plus statique. C’est un travail de contrôle. Vous empêchez certains textes qui pourraient porter atteinte aux libertés d’entrer en vigueur, mais vous n’êtes pas dans l’action, dans la construction de politiques publiques, comme on peut l’être au sein d’une région. Est-ce que c’était un piège de me proposer le conseil ? Je ne sais pas.

nicole belloubet sage toulouse

En quoi le rôle de présidente de Région vous paraît-il si enviable ?
Il paraît plus facile de représenter la Région que l’État parce que l’action y est immédiatement plus visible. Quand j’étais1

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