Enquête

Présidentielle : Le maire de Clermont-le-Fort courtisé

Rédaction : ,
le 5 avril 2017 Temps de lecture : 3 min.
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Comme de nombreux maires de la région, Christian Hugues a fait l’objet d’une cour assidue de la part des candidats à la présidentielle. Aucun n’a pourtant obtenu le parrainage de l’édile sans étiquette de Clermont-le-Fort, une petite commune de 550 habitants en Haute-Garonne. Une bonne raison d’aller à sa rencontre.

Comment les candidats vous ont-ils contacté ?
On reçoit plusieurs types de demandes. Il y a la sollicitation à distance des grands partis et des candidats médiatiques. C’est très anonyme, du style « Monsieur le maire de telle ville ». Ils font appel à des élus déjà marqués politiquement : si vous êtes de leur camp vous répondez, sinon, non. Après, vous avez les contacts plus personnalisés de candidats moins médiatisés…

Par exemple ?
Poutou. Vu qu’il n’a pas les moyens de faire campagne, il passe par des militants locaux ou nationaux. Ensuite, il y a ceux que l’on appelle « les petits candidats » qui mobilisent leur réseau pour identifier des gens qui connaissent des maires. Et puis il y a les Clermontois porteurs d’une conviction, qui demandent un entretien avec le maire pour essayer de me faire signer in situ.

Pourquoi avoir pris la décision de ne parrainer personne ?
En grande partie en raison du contexte local. En 2014, la liste dont je faisais partie a été élue sur un engagement apolitique. Sauf qu’en décembre, nous avons appris que la maire s’était engagée pour les départementales aux côtés d’un élu très marqué politiquement. Cela nous a conduit à demander sa démission. Depuis mon élection, je veille à ce que les engagements initiaux soient tenus.

Pourquoi ne pas avoir consulté la population ?
J’aurais pu être tenté de le faire s’il y avait eu une candidature citoyenne, quelque chose de totalement neuf. Un candidat au positionnement apolitique ou totalement pluriel, avec la possibilité d’atteindre les 500 signatures… Là, je pense que j’aurais eu un débat avec mon équipe.

Avez-vous reçu des demandes de parrainage de candidats originaux ?
Oui, ce sont même les premiers à s’exprimer. Ils n’ont pas de vision sur les différents dossiers qu’un président de la République devrait traiter. Certes ils ont une idée claire sur l’Europe, la fiscalité, l’agriculture ou autre, mais ils ne parlent que d’un thème et essaient de vous accrocher avec.

Si on demande aux maires de parrainer des candidats, c’est qu’on estime qu’ils sont les mieux à même de juger de la candidature. Et vous ?
Je serais bien en mal d’évaluer l’aptitude des candidats à être président. Pour les élus marqués politiquement, le parrainage est une sorte de renouvellement de l’adhésion au parti. Sauf que la plupart des maires sont ruraux et apolitiques. Et un maire d’une petite commune sait qu’il va devoir tenir les engagements qu’il a pris au cours de la campagne, sous peine d’avoir une remontée immédiate de la population. Je pense qu’il y a une cassure entre ce que vit l’élu de terrain et l’élu national : on sait qu’il va prendre des engagements mais bien souvent, il ne va pas les respecter

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Nicole Belloubet, juriste et femme politique française, membre du Conseil constitutionnel depuis le 14 mars 2013. Au siège du Conseil constitutionnel, situé dans l'aile Montpensier du Palais Royal