Interview

Le basket, une mélancolie toulousaine

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
le 6 septembre 2017 Temps de lecture : 7 min.
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Au printemps dernier, le Toulouse Basket Club obtenait brillamment son ticket pour la Nationale 1, avant de renoncer à cette promotion faute de soutien municipal et de moyens financiers. Les amateurs de basket de la ville, attristés par la nouvelle, se sont quelque peu consolés à la fin du mois d’août avec la tenue d’un tournoi préparatoire à l’Euro opposant l’équipe de France aux meilleures nations européennes. Pris dans l’ambiance de cette compète, nous nous sommes demandé pourquoi ce sport magnifique n’avait pas davantage la cote à Toulouse. La réponse, pleine de surprises, nous est venue du photographe et scénographe toulousain Philippe Cazaban, apôtre du sport comme support des rêves, et auteur d’un livre référence sur l’histoire du basket.

Comme la plupart des Toulousains, nous ne sommes pas très calés en basketball à la rédac de Boudu. C’est grave ?
Franchement ? Oui. Non seulement vous passez à côté d’un sport magnifique, mais en plus vous tournez le dos à une partie de l’histoire de votre pays et de votre ville. Songez qu’avant les années 1950, Toulouse était tout autant une ville de basket qu’une ville de rugby… Peut-être même davantage passionnée par le premier que par le second.

En quoi le basket fait-il partie de l’histoire de Toulouse ?
L’épisode le plus emblématique où se confondent histoire du basket toulousain et grande histoire, est certainement la tenue du premier France-Espagne jamais organisé. C’était en mars 1943.

La rivalité historique entre le basket français et le basket espagnol est née au stade des Minimes, le 7 mars 1943.

En pleine occupation ?
Oui, c’est une histoire folle qu’on doit à Charles Pilé, alors président de la ligue des Pyrénées, qui gérait le basket de la zone libre, du Gers jusqu’à Montpellier. Cet homme à l’accent rocailleux délicieux, se met un jour en tête d’organiser chez nous une rencontre entre la France libre et l’Espagne franquiste. À l’époque, le basket est très populaire à Toulouse. Pour se distraire des malheurs de la guerre, on y joue un peu partout, et on se presse par milliers pour assister à des rencontres.

Comment Charles Pilé est-il parvenu à réunir deux équipes nationales en pleine guerre ?
La chose a pris du temps, et la rencontre a été reportée à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le mois de mars 1943 soit choisi par les deux parties. Or, le 1er mars, la ligne de démarcation entre l’ancienne zone libre et la zone occupée est définitivement supprimée. Les nazis prennent possession de la frontière franco-espagnole,1

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