Enquête

L’huître, de la mer à la terre

Rédaction : Guillaume MONTARON,
le 4 octobre 2017 Temps de lecture : 2 min.
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Rejetées à la mer ou enfouies dans des carrières, tel est le destin des huîtres qui ne peuvent pas être vendues ou consommées. Mais depuis peu, avec la création de Providentiel coquillages, Daniel Moukoko, Gaëtan Leguay et Jean-Louis Clément recyclent ces coquilles d’huîtres aux vertus infinies.

Revaloriser un déchet
C’est au Cameroun, après une conversation avec son cousin qui nourrit ses poules avec des coquilles d’huîtres, que Daniel Moukoko a eu l’idée de se lancer dans le recyclage des coquillages : « Ça m’a interpellé, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. En creusant un peu je me suis rendu compte qu’on pouvait aussi l’utiliser pour amender le sol ou faire du paillage. On part d’un déchet pour créer des emplois, c’est une vraie richesse. »

Une alternative aux pesticides
Riche en oligoéléments, la coquille d’huître est bénéfique pour les poules car elle renforce leur ossature et les coquilles de leurs œufs. Mais ce n’est pas tout. « Elle corrige l’acidité du sol, l’hydrate et le protège. Les coquilles font le même boulot que la chaux mais elles sont moins énergivores et elles fertilisent la terre. » La coquille pourrait donc se substituer à certains pesticides dont l’utilisation est interdite dans les espaces publics depuis le 1er janvier 2017.

Un cadre régional
Un partenariat  a été mis en place avec des ostréiculteurs du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée. « On travaille beaucoup avec les producteurs de l’étang de Thau. Pour faire ramasser leurs pertes, les ostréiculteurs paient 2 000€ par an. Nous on les rachète, ça fait baisser la facture ». Une fois collectées, elles sont nettoyées et séchées naturellement avant d’être broyées de différentes tailles selon leur utilisation.

Une coquille et des valeurs
Si l’huître peut également entrer dans la composition de peinture ou d’encre pour imprimante 3D, pas question pour l’instant d’exploiter à tout prix la coquille. « On fait ce qu’on aime, on est attachés à certaines valeurs comme l’agriculture biologique, la permaculture, le développement durable ou l’économie sociale et solidaire. »

 

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