Enquête

SOS amitié, au coeur de l’écoute

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le 4 octobre 2017 Temps de lecture : 4 min.
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Dans l'immeuble, même les voisins immédiats ignorent ce qui se cache derrière la porte de l'appartement du fond. C'est pourtant le siège de SOS amitié Toulouse, où se succèdent jour et nuit une quarantaine de bénévoles. Pour les 50 ans de l’association, Boudu est allé à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui portent secours à leurs contemporains, avec pour seule arme un combiné téléphonique.

Pour atteindre la base secrète de SOS amitié, il faut monter une longue avenue. Une fois sur place, la structure grisâtre évoque l’architecture des années 1960. L’ascenseur, étroit, est éclairé par une lumière plombante. Au quatrième, au fond du couloir à droite, un homme d’une cinquantaine d’années grand et musclé ouvre la porte. L’accueil est chaleureux. À l’intérieur, contrairement à ce que laissait présager la façade, l’appartement est coloré : orange, anis et bleu. « Nous l’avons repeint il y a cinq ans. C’est plus sympa que les couleurs pastel non ? », sourit l’hôte. À Toulouse, une quarantaine de bénévoles anonymes sont engagés dans l’association. Ils écoutent patiemment ceux qui se demandent s’il faut être, ou ne pas être. Ou plus précisément, comment être, avec qui et pourquoi. Les appels au numéro vert, tout comme le tchat et la messagerie de l’association, sont gratuits pour les appelants… et anonymes pour les deux parties. Pour Gérard, écoutant depuis 2003, l’anonymat de l’écoutant est fondamental : « Les personnes appellent pour raconter leur vie, leur histoire. Pas pour qu’on leur donne des détails de la nôtre ». Sa crainte : que dès le début de l’appel, la vie de l’appelant et celle de l’écoutant se confondent. Au bout du fil, un cadre surmené, une boulangère exténuée ou une étudiante rejetée par sa famille. Les échanges sont tous différents, mais la solitude est partout.

Être écoutant, ça bouscule.

Comme une dette sociale
Quatre heures par semaine, les écoutants se rendent dans les locaux de l’association, se concentrent et offrent une oreille attentive aux appelants. Cécilia est l’une de ces bénévoles de l’ombre. Elle a rejoint l’équipe il y a tout juste dix ans : « En m’approchant de la retraite, j’ai eu besoin d’une certaine forme d’humanité. Tout ce que je ressens par les écoutes me fait1

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