Conversation

Martin Malvy, un demi-siècle d’Histoire

le 6 juin 2018 Temps de lecture : 10 min.
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Il a occupé pratiquement toutes les fonctions électives durant sa carrière. Tour à tour conseiller départemental, maire de Figeac, président de communauté d’agglomération, député du Lot et ministre, Martin Malvy a surtout contribué, à la tête du Conseil régional pendant près de 20 ans, à faire émerger le fait régional. Depuis peu rangé des camions, l’ancien journaliste a accepté de se raconter dans une interview où il est question de braconnage d’écrevisses, de Dolce vita à la sauce cadurcienne ou de vacances en Corse. Et aussi un peu de politique…

Martin Malvy, vous n'êtes pas à proprement parler un pur produit régional, c’est exact ?
Ma famille paternelle est lotoise avec des origines cadurciennes, souillacaises et figeacoises depuis des siècles. Comme beaucoup de provinciaux, je suis né à Paris, juste avant la guerre. Quand les Allemands sont arrivés, mon père, qui était avocat, a préféré partir à Clermont-Ferrand, où il travaillait en tant que journaliste à l'agence Havas. Il a été viré sous la pression des Allemands, après avoir mis sur les ondes la disparition du Bismarck, le navire allemand. Il est ensuite entré dans la Résistance, et a rejoint l’armée en passant les Pyrénées. Il a pris la filière Dépêche, la filière Sarrault.

Votre père figure-t-il dans votre panthéon personnel ?
Il y occupe une place importante. Mon père était une sorte de grand seigneur un peu perdu dans le temps, doté d'une très grande culture, notamment historique. Mais il était déconnecté de la réalité des affaires, détaché des choses matérielles.

Où étiez-vous pendant la guerre ?
À Souillac, dans le Lot, chez ma grand-mère, et à Sarrazac. On y est resté jusqu’au débarquement. On avait du lait, des œufs, du beurre. J'allais à l’école communale à pied en emportant ma bûche pour chauffer la classe. On n'a pas beaucoup senti la guerre, à part l'absence de mon père. On passait nos soirées à écouter Radio Londres, l'oreille collée à l'appareil pour que personne ne nous entende. On espérait qu'il y ait un message de mon père car c'était l’époque des messages. S'il y avait un problème, le message aurait été « Le professeur d’espagnol se porte bien ».

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