Enquête

L’Énigme Viguier

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le 6 février 2019 Temps de lecture : 14 min.
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Près de 20 ans après, le mystère reste entier autour de la disparition de Suzanne Viguier, le 27 février 2000. Alors que l'unique suspect, son mari, l’honorable professeur de droit de l’Université Toulouse 1, Jacques Viguier a été acquitté à deux reprises, le corps de son épouse, lui, reste toujours introuvable. Signe de la fascination qu’exerce ce fait divers sur le public, de nombreux documentaires lui ont été consacrés ces deux dernières décennies. Et un film, Une Intime conviction, réalisé par Antoine Raimbault, sort en salles ce mois-ci. Boudu a voulu, à l’occasion de ce funeste anniversaire, revenir sur les circonstances de cette mystérieuse disparition et le déroulé de l’enquête, en donnant la parole à quelques-uns des témoins de l’époque. Jacques Viguier, lui, n’a pas souhaité donner suite à notre demande…

Le 27 février 2000 est donc le dernier jour où Suzanne Viguier a été vue vivante. Les derniers à l’avoir côtoyée sont des joueurs de tarot, à Montauban, où elle participait, jusque tard dans la nuit, à un tournoi. C’est son partenaire de jeu, Olivier Durandet, qui dit l’avoir raccompagnée vers 4h30 du matin le dimanche à son domicile toulousain de la rue des Corbières. Dans la maison des Viguier, située dans le quartier paisible de la Terrasse, dorment ses trois enfants et son mari, Jacques, qui dira, lors des auditions, l’avoir entendue rentrer dans un demi-sommeil. Avant de se rendormir.

Il se réveille à 8h30 et prend le petit-déjeuner avec ses enfants. Vers 10h30, son père passe les récupérer. Après avoir effectué un jogging et trié des papiers, Jacques rejoint ses enfants chez ses parents pour un déjeuner dominical. Sans avoir, dit-il, croisé Suzanne. Ce n’est que le soir qu’il dit avoir constaté son absence. La jeune femme ayant visiblement l’habitude de découcher, il ne s’inquiète pas outre mesure. Même s’il s’étonne qu’elle n’ait pas pris la peine de donner de nouvelles à ses enfants, fût-ce par téléphone.

Il attend le mercredi pour s’inquiéter et se rendre au commissariat de l’Ormeau pour déclarer sa disparition, en insistant sur son tempérament fragile et sa dépression. Sauf qu’une heure plus tard, un autre homme, Olivier Durandet, se présente au même commissariat pour déclarer également la disparition de Suzanne Viguier... en indiquant qu’il pense que c’est son mari qui l’a tuée ! Suffisant pour que Viguier soit convoqué au SRPJ de Toulouse et qu’une perquisition, avec son consentement, débute au domicile des Viguier. Dans la maison de la rue des Corbières, les premières constatations effectuées par la police scientifique sont édifiantes : des1

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