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REPORTAGE

Abricoop : vivre l’utopie coopérative

PAR Julie GUÉRINEAU | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 6 min

Il y a tout juste un an, la trentaine de pionniers d’Abricoop emménageait enfin à la Cartoucherie, dans l’immeuble dont elle avait tant rêvé : un bâtiment pensé et géré par leur coopérative d’habitants. Et la concrétisation de dix ans d’espoirs et de coups durs pour donner naissance à l’un des premiers habitats coopératifs de France. Pendant douze mois, Boudu s’est invité aux réunions, aux inaugurations, aux barbecues et aux apéros pour voir si la vie quotidienne était à la hauteur de l’utopie. Retour sur un an de tableurs Excel, de joies, d’anicroches, de sobriété heureuse et de consensus mou.

En ce samedi de fin mai, les 4 Vents ont pris des airs de fête de village. Au pied des quatre immeubles flambant neufs posés autour d’une grande pelouse, les fanions colorés dansent au gré des rafales, et les enfants batifolent. Dans cet îlot participatif du quartier de la Cartoucherie, à deux pas du Zénith, c’est journée portes ouvertes. Ce jour-là plus de 200 personnes défileront pour visiter cette copropriété atypique.

Le participatif, ça demande du temps, de la pédagogie, un effort de la part de tous. Et plus les sujets sont compliqués, plus il faut prendre le temps d’en discuter.

Voulu par Toulouse Métropole en 2013 et livré par le Groupe des Chalets en mars 2018, les 4 Vents sont le plus grand projet participatif en France (89 logements – 1485m2). Tous les habitants, locataires ou propriétaires, y partagent notamment des espaces communs : atelier, salle de musique… Au sein de cet ensemble, l’immeuble d’Abricoop va plus loin : il est coopératif. Les 17 appartements et les espaces communs appartiennent et sont gérés collectivement par une coopérative de 23 habitants qui planchent sur ce projet depuis 2008. Le bâtiment a été conçu avec une architecte selon leurs besoins, et les Abricoopains gérent ensemble leur immeuble, l’objectif étant d’établir un modèle non spéculatif pour une juste répartition des dépenses.

Les habitants arrivent avec un apport variable (aujourd’hui de 1000 à 100 000 euros), qu’ils transforment en parts sociales de la coopérative. Ils paient ensuite une redevance…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.