Enquête

Victor Hugo, Toulouse à la fleur de l'âge

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
Photo : Rémi BENOIT,
le 3 mai 2019 Temps de lecture : 6 min.
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Nous fêtons ce mois-ci le bicentenaire de l’attribution du Lys d’or à Victor Hugo par l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse. En 1819, le Lys était l’équivalent du Goncourt, Hugo un ado inconnu, et l’Académie toulousaine une sérieuse rivale de l’Académie française. C’est dire l’importance de la chose. Pourtant, en écrivant « nous fêtons » nous frôlons l’abus de langage, car ni la Ville ni l’Académie n’ont prévu de déboucher le mousseux pour célébrer l’événement. Qu’à cela ne tienne : Boudu et ses lecteurs soufflent à leur place les 200 bougies sous la couverture de ce numéro de mai, fiers que les Toulousains aient été les premiers à couronner le talent d’un grand génie universel du XIXe siècle.

Comme le noyau au cœur de l’atome et le nez au milieu de la figure, l’Académie des Jeux Floraux siège au centre de Toulouse, au premier étage de l’hôtel d’Assézat. Philippe Dazet-Brun, son secrétaire perpétuel, nous y apparaît dans l’embrasure d’une porte, en blazer marine à boutons dorés. Ce professeur d’histoire contemporaine, qui préside depuis 2009 à la destinée de la plus ancienne société savante d’Europe, plaide l’accoutumance à l’inouï pour justifier l’absence de festivités commémorant les 200 ans du Lys d’or d’Hugo : « Cet épisode est tellement intégré à notre mémoire collective, tellement important dans l’histoire de notre académie, tellement récurrent dans nos conversations, qu’on ne se rend même plus compte de l’inouï de la chose ». Et étalant devant lui les originaux de la correspondance entretenue par Hugo et l’Académie dans les années 1820,  Philippe Dazet-Brun de résumer, sourire en coin : « L’habitude tue l’exceptionnel ! ».

Car le caractère exceptionnel de la chose n’est effectivement plus à prouver. Jean-Marc Hovasse, chercheur au CNRS et auteur chez Fayard d’une biographie d’Hugo en deux tomes qui fait autorité, le confirme sans ciller : « Au temps d’Hugo, l’Académie des Jeux Floraux avait une influence considérable. Les prix qu’elle remettait étaient aussi importants que le Goncourt aujourd’hui. Ils récompensaient la poésie dans la plus pure tradition française, qui était alors un genre littéraire plus prestigieux que le roman ou le théâtre ».

L’idylle d’Hugo avec l’académie toulousaine commence en avril 1819. Il a alors 17 ans. Comme nombre de jeunes gens de sa génération, il est grisé par la Restauration (Louis xviii règne depuis quatre ans), et le retour des valeurs de l’Ancien Régime.1

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