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ALLEZ-Y QUAND MÊME

Sept raisons d’aller à Lisbonne même si on a peur d’avaler des arêtes

PAR Charles MATHIEU-DESSAY
Temps de lecture 5 min

Lisbonne au printemps s’enivre d’une puissante odeur de sardinade dès 10 heures du matin. La faute à saint Antoine de Padoue, saint patron du quartier médiéval d’Alfama que l’on célèbre en ce mois de juin dans la capitale portugaise à grand renforts de musique populaire et de tireuse à bière. Mais si manger des sandwiches dans la rue et faire la chenille jusqu’à quatre heures du matin au son de l’accordéon n’est pas votre tasse de thé, pas de panique : Boudu a quand même trouvé pour vous sept raisons de visiter Lisbonne.

Pour les petites culottes de Benfica

En arrivant de Toulouse, les avions font un grand tour au-dessus de l’estuaire du Tage avant de replonger sur la ville. Et à l’atterrissage, les petites culottes pendues aux fenêtres des quartiers de Benfica et de Campolide sont si proches que l’on pourrait presque les attraper en tendant la main à travers le hublot. Chose rarissime pour une capitale, sitôt sorti de l’avion, on peut rejoindre le centre ancien via le métro qui rentre directement dans l’aéroport ou en taxi en moins d’un quart d’heure.

Pour se faire les mollets

Comme Rome, Lisbonne est surnommée la ville au sept collines. Oubliez les mocassins et les talons. C’est davantage de crampons cloutés et de chaussures de marche à la semelle Vibram bien lacées que le visiteur doit s’équiper pour visiter la ville blanche. à Lisbonne, on monte, on descend, puis on remonte continuellement. Récemment, la mairie a même pris la résolution d’équiper d’escalators certaines côtes qui n’étaient pas dotées des mythiques tramways et funiculaires jaunes datant des années 1880.

Pour se la jouer west-coast

Le surf, les start-up à la mode et 300 jours d’ensoleillement par an. La région de Lisbonne a des airs de Californie d’Europe et ces similitudes ne datent pas d’hier. Le pont du 25 avril, qui jusqu’à la révolution du 25 avril 1974 portait le nom du dictateur António de Oliveira Salazar est construit sur le même modèle que Golden Gate Bridge de San Francisco. Plus court de quelques mètres que son grand frère américain, l’ouvrage en fer, achevé en 1966 fut à l’époque choisi pour la même raison que celles évoquées outre-Atlantique :  la résistance aux mouvements sismiques.

Pour les pastéis

Voilà sans doute la pâtisserie portugaise la plus connue en dehors des frontières du pays. La légende raconte que ce sont d’abord les occupants du monastère des Hiéronymites de Belém qui inventèrent au début du xixe siècle cette petite tartelette à la crème. Aujourd’hui encore, la fabrique des pastéis de Belém, fondée en 1837 se targue de détenir la recette originale et est réputée comme étant la meilleure de la ville. Petite astuce pour couper la file de touristes devant la pâtisserie : entrez directement à l’intérieur pour déguster les pastéis sans les prendre à emporter.

Fábrica dos pastéis de belém. rua de Belém, 84 a 92

Pour l’art maure de la faïence

Lisbonne est la capitale des azulejos, ces faïences à motifs bleus qui recouvrent les murs de ses immeubles. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas de sa couleur mais du mot arabe al zulaydj, littéralement « petite pierre polie », que vient le nom de cet élément essentiel dans l’histoire du bâtiment de la péninsule ibérique. Car ce sont bien les Maures qui l’ont introduit dans la péninsule ibérique, d’abord en Espagne, puis au Portugal. Le reste, vous l’apprendrez en visitant la plus grande collection d’azulejos du Portugal au Museo Nacional do Azulejo.

Museu Nacional do Azulejo. rua da Madre de Deus, 4

Pour les motifs du pavé

L’asphalte et les autobloquants vous répugnent ? Bienvenue à Lisbonne ! Ici, on est depuis longtemps passé maîtres dans l’art d’agencer de petits morceaux de calcaire réguliers ou irréguliers et d’en faire des motifs. Il existe même une école pour apprendre cet art. Pour avoir un panorama varié de dessins, il vous suffira de monter d’un côté et de redescendre de l’autre l’avenue de la Liberté, de la place Pedro IV au parc Edouardo VII.

 

Pour l’art de verser des larmes

La bande-son nostalgique des ruelles des vieux quartier de Lisbonne, c’est le fado. Né au début du xixe le style parle souvent d’amours déçues ou d’hommes partis outre-mer que l’on ne reverra plus. Marque de cet art de la tristesse, la tête de la guitare portugaise lisboète est en forme de larme. Même s’il peut parfois être allègre, il sera toujours teinté de saudade, ce sentiment qui n’existe dans aucune autre langue que le portugais. « Ce qui importe c’est de sentir le fado. Parce que le fado ne se chante pas, il arrive. Le fado se sent, il ne se comprend pas et ne s’explique pas », disait de son art Amalia Rodrigues, reine du fado.

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.