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SCIENCE FICTION

Transports : déjà demain

PAR Valentin SCHOLZ et Marie HIRTZBERGER
Temps de lecture 6 min

À Toulouse, plusieurs entreprises planchent sur les transports de demain. Une effervescence qui nous a conduit à imaginer à quoi pourrait ressembler la mobilité dans notre ville en 2040, en évaluant la probabilité d’aboutissement des recherches actuelles.

L’Hyperloop – 40 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Toulouse-Montpellier en moins de 30 minutes. L’Hyperloop promet de le faire à 1 200 km/h. Le train-capsule à ultra grande vitesse, imaginé par le milliardaire Elon Musk, est développé depuis plusieurs mois à Toulouse-Francazal. Une phase d’essais, menée par Hyperloop TT, est prévue sur une piste de 320 mètres de long d’ici fin 2019. Une deuxième piste d’un kilomètre est en construction. Toulouse sert de terreau à la concrétisation du projet de capsule supersonique qui transportera, à terme, une trentaine de passagers. Cependant, aucun accord de commercialisation de l’Hyperloop n’a, pour l’instant, été signé en France. Sans compter que l’Hyperloop a besoin de la construction de tunnels pour que la capsule soit propulsée. Sympa pour le paysage.

 

La voiture à hydrogène – 100 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Du vert par excellence, garanti sans gaz à effet de serre. Le véhicule à hydrogène est un véhicule électrique qui produit sa propre électricité à l’aide d’une pile à combustible. Sa recharge ne prend pas plus de temps qu’un plein d’essence. Les constructeurs automobile se disputent ce marché porteur. Les pouvoirs publics aussi. La Région Occitanie a annoncé, en mai dernier, un plan pour développer l’hydrogène vert sur son territoire, avec un budget de 150 millions d’euros pour la période 2019-2030. La plus grande station d’hydrogène de France ouvrira ses pompes en fin d’année à Onet-le-Château, près de Rodez. Une énergie qui carbure.

 


Le taxi aérien
autonome – 30 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans

Derrière les nuages, se cache toujours Airbus. Le géant français de l’aérien a entamé, début mai en Allemagne, des essais pour son taxi volant CityAirbus. Un aéronef à quatre places adapté pour voler en milieu urbain. En février, sa filiale Vahana testait son projet de taxi volant du même nom pour un vol complet. Des expériences qui séduisent aussi les start-ups. Electric Visionary Aircraft (Eva), basée à Toulouse, travaille sur un taxi volant pouvant transporter deux personnes, capable de voler à 300 km/h et de stationner sur une simple place de parking. Pratique pour éviter les bouchons. Mais quid du prix ? Et surtout, comment faire pour se déplacer quand le survol des villes est interdit ?

 

 


La moto volante – 5 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Le concept avait été présenté en 2017. La police de Dubaï a testé sa nouvelle moto volante et débute désormais ses entraînements avec cet engin, qui devrait entrer en service en 2020. 100 % électrique, la moto volante a été conçue par une société californienne : Hoversurf. Dotée de quatre hélices, elle atteint les 100 km/h et vole à cinq mètres du sol, un peu comme un drone. Commercialisée depuis peu, elle ne peut encore rester que 25 minutes en vol et coûte 150 000 dollars. Une question demeure cependant : à quoi ça sert ?

Le métro « HQE » – 95 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Le projet de 3e ligne de métro est entériné depuis plusieurs mois maintenant. Mais Tisseo a un objectif supplémentaire, et souhaite développer cette ligne selon les standards H.Q.E. (Haute Qualité Environnementale). Le président de Tisséo Ingénérie l’a assuré fin mai : ce métro sera aussi vert que le permettent les technologies existantes. Récupération d’énergie au freinage, baisse du bruit à la source, revalorisation des déchets…  Le chantier sera même précédé d’une phase d’étude de la faune et de la flore, et Tisséo s’engage à planter 5 000 arbres le long du tracé (280 pouvant être touchés par les travaux). Rendez-vous en 2025 donc, pour voir le résultat.

 


Le téléphérique urbain  – 100 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Quand Toulouse imite Barcelone, Rio de Janeiro, New York… Et même Brest. Fin 2020, la ville disposera de son téléphérique urbain. Les travaux débutent en ce mois de juillet. L’appareil reliera l’Oncopole et l’université Paul-Sabatier, avec un crochet par l’hôpital Rangueil. Long de trois kilomètres, il transportera 8 000 passagers par jour pour un trajet de 10 minutes, avec des cabines de 35 passagers toutes les 1 minute 30 en heure de pointe, de 5h15 à minuit. Un moyen de franchir la Garonne, d’apprécier la vue depuis les coteaux de Pech David et de survoler les bouchons du périphérique sud.

 

Le tricycle intelligent – 20 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Parmi les véhicules encore inconnus qui pourraient sillonner Toulouse dans les 20 prochaines années se trouve peut-être le tricycle intelligent. Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology se sont penchés sur un concept de tricycle urbain autonome, fonctionnant sur le même principe que le vélo en libre-service : le Persuasive Electric Vehicle (PEV). Doté d’une fonction autonome, les abonnés pourront le faire venir à un point de rendez-vous sans personne au guidon. Grâce à un système d’intelligence artificielle, il serait même capable de trouver l’itinéraire le plus court ou d’en changer s’il rencontre des obstacles. Si rien de tel n’est pour le moment envisagé à Toulouse, il faut avouer que ce serait tout de même bien pratique pour les soirées arrosées au Café Pop…

 


Le bus enjambe-route – 0 % de chance de le voir à Toulouse d’ici 20 ans
Vendredi soir, vous quittez Toulouse : direction le week-end.
Et ce qui devait arriver arrive, vous vous retrouvez en seconde sur l’autoroute. Si seulement vous pouviez passer au-dessus des trafics routiers… En Chine cela a presque été possible, grâce à un TEB (Transit Elevated Bus). Mesurant 22 mètres de long et huit mètres de haut, le véhicule a effectué un petit parcours pendant lequel les voitures ont pu passer entre ses « jambes », à l’été 2016. Malheureusement, c’était trop beau pour être vrai. Ce bus s’est révélé être une arnaque destinée à attirer les investisseurs (qui ont tout de même apporté 26 millions de dollars au projet…). À Toulouse, on a peut-être toujours les embouteillages, mais au moins on ne s’est pas laissé berner.

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.