Enquête

Apéros indépendants : Trinquer pour mieux bosser

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le 2 octobre 2019 Temps de lecture : 6 min.
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Petits déjeuners, afterworks, apéros… Aujourd’hui, on réseaute in vivo, verre aux lèvres et verrine à la main. Rencontre avec ces travailleurs indépendants pros du réseautage, qui croient au pouvoir des patatas sur la qualité des conversations, et aux vertus professionnelles de la rencontre physique.

« C’est ta première fois ? » Tout sourire, à l’entrée du bar dont une partie a été privatisée pour l’occasion, Clarisse assure l’accueil et présente aux novices le principe de la soirée. Tout professionnel indépendant désireux de faire connaissance avec ses pairs autour d’un verre est convié. L’événement, mensuel, est annoncé sur Facebook et Meetup, via le groupe et la page « Les Indépendants Toulouse ». Des experts du réseautage, qui croient à la plus-value de la rencontre physique. Ce soir de fin d’été, ça se passe à La Centrale, sur l’île du Ramier. La participation est gratuite et chacun paie ce qu’il consomme. « Je te laisse prendre une étiquette sur la table au fond, noter ton nom et ce que tu fais dans la vie. Ensuite tu peux discuter avec qui tu veux, faut pas être timide ! »

« Kevin - Graphiste », « Valentin - Ingénieur », « Pascale - Sophrologue », l’étiquette autocollante est appliquée comme il faut sur la chemise, et son propriétaire, ainsi équipé, s’en va rejoindre ses nouveaux camarades. Sur la gauche, le comptoir réservé aux participants est encore peu animé. Une serveuse termine l’approvisionnement du frigo en bouteilles de rosé. Les fauteuils disposés dans un angle de la terrasse, autour de deux tables basses, sont laissés vides pour l’instant. Toute l’activité se concentre au centre de l’espace, où, alors qu’il est à peine 19h30, une quarantaine de personnes conversent déjà avec passion, debout, par petits groupes, rassemblés autour de mange-debout. Pas de secret, à moins de repérer des visages connus, pour débuter la discussion, il faut « s’incruster », dixit Bruno, 45 ans, graphiste 3D, qui participe là à son troisième apéro du genre. Il se dit lui-même « hyper timide » mais a vite 

compris que la petite étiquette arborée par1

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