Interview

Lapérouse revisité

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
Photo : Rémi BENOIT,
le 2 octobre 2019 Temps de lecture : 10 min.
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Ancien responsable de laboratoire dans un centre de recherche du ministère de la Défense devenu président d’office du tourisme, Bernard Jimenez a accompli avec son épouse un tour du globe étonnant. Un périple terrestre dans le sillage du glorieux marin et explorateur albigeois Lapérouse, réalisé d’escale en escale, en sept ans, et par intermittence. Il en revient avec un livre captivant édité chez Glénat, dans lequel la rigueur scientifique laisse généreusement passer le rêve entre les mailles étroites de son filet.

Ce fut LA grande aventure scientifique du siècle des Lumières. Une expédition équivalente en ambition et en coût à ce que fut le premier pas de l’Homme sur la lune au XXe siècle. Un voyage amorcé à Brest sous les vivats, et conclu par un terrible naufrage dans les eaux bleues de Vanikoro. À la barre, l’Albigeois Jean-François de Lapérouse, né dans une famille de propriétaires terriens au château d’Hugo, grand manoir lové dans une boucle du Tarn. Parti à 15 ans à l’École de la marine à Brest, commander des bateaux et faire la guerre aux Anglais, c'est pour ses actes de bravoures et son humanisme qu’il est chargé par Louis XVI de naviguer sur les dernières parties inexplorées du globe, avec un leitmotiv très « Siècle des Lumières », comme en attestent les termes de l’ordre de mission du roi : « Nous, Louis XVI, en cette année 1785, donnons ordre et instruction à Monsieur La Pérouse de mener à bien une expédition autour du monde à des fins géographiques, scientifiques, politiques et commerciales. (…) Il devra se concilier l’amitié des principaux chefs et n’usera de la force qu’avec la plus grande modération ».

Avant de périr dans le naufrage, la petite centaine de militaires, savants et artistes embarqués sur les deux navires de l’expédition, La Boussole et L’Astrolabe, expédièrent trois années durant leurs croquis, mesures, prélèvements et observations au roi. Le reste devait arriver à bon port à la fin de l’expédition, au mois de juin 1789. Las, à la date prévue, point de navire. Et quand on tranchera le cou du roi en janvier 1793, toujours pas de Lapérouse à l’horizon. Il faudra attendre 1827 pour qu’un navire de recherche mette la main sur les premières traces du naufrage à Vanikoro.

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