Enquête

Sonia Luque : L’itinérance du savoir

Rédaction : ,
Photo : ,
le 2 octobre 2019 Temps de lecture : 6 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Depuis un peu plus d’un an, c’est au volant de son camion-librairie Libre Cours, sur les marchés de l’agglomération toulousaine, que l’on peut la croiser. Mais avant d’apporter la lecture à ceux à qui elle s’est (trop) longtemps refusée, Sonia Luque a parcouru le monde, au plus près de populations en détresse.

Qu’ont en commun les montagnes afghanes et le quartier toulousain de Borderouge ? à première vue, pas grand chose. Sinon d’avoir vu, au cours de ces dernières années, une jeune femme pleine d’espoir y œuvrer avec l’énergie de ceux qui pensent un autre monde possible. Sonia Luque n’a pourtant pas été biberonnée à l’humanitaire. Au militantisme, en revanche, oui.

Née à Toulouse de parents espagnols arrivés en France dans les années 1960 avec la vague d’immigration économique, la jeune femme grandit dans une famille où la lutte n’est pas un vain mot : « Ils étaient tous les deux syndicalistes. Autant dire que j’ai évolué dans un environnement assez militant… ».

Très timide, Sonia caresse l’espoir de faire des études d’art. Un désir qui se heurte à la volonté maternelle de la voir devenir professeur d’espagnol. Mais son attirance pour l’Amérique Latine va la convaincre de s’inscrire en faculté d’espagnol. Et c’est finalement un hasard qui va décider de son avenir. Le mémoire qu’elle a choisi de consacrer au Guatemala l’amène à traverser l’océan Atlantique. Une révélation. Immédiatement happée par la question des mouvements indiens, elle décide d’y retourner à deux reprises, avec une association, Collectif Guatemala. « C’est comme ça que j’ai mis un pied dans l’humanitaire et les droits de l’Homme. » Et même mieux puisqu’elle décide, à son retour, d’orienter ses études dans cette direction. Avant de se confronter directement à la réalité du terrain sous l’égide des Nations unies et de son Haut commissariat aux droits de l’Homme, elle intervient successivement d’abord au Kosovo, puis en République démocratique du Congo (RDC), en Haïti et enfin en Afghanistan. Tout sauf un parcours de santé.

Seigneurs de guerre vs carbonara

Une presque décennie mouvementée, riche en découvertes… et en leçons de vie : « Cela renvoie à beaucoup d’humilité.1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Interview -

Lapérouse revisité

Ce fut LA grande aventure scientifique du siècle des Lumières. Une expédition équivalente en ambition et en coût à ce que fut le premier pas de l’Homme sur la lune...

> Lire l'article <
Lapérouse Albi
Conversation -

Robert Ménard : Mal embouché

Fin septembre, la justice a prononcé un non-lieu dans une affaire de suspicion de fichage ethnique et religieux des écoliers de Béziers. Fin juin, la Cour de cassation avait définitivement débouté...

> Lire l'article <
Robert Ménard Béziers