retour haut de page

PORTRAIT

Christophe Lèguevaques : épris de justice

PAR Jean COUDERC | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 10 min

Les victimes du Levothyrox ? C’est lui. L’annulation de la vente de l’aéroport Toulouse-Blagnac aux Chinois ? Encore lui. Les premières victoires des anti-Linky ? Toujours lui. La demande de perquisition et de mise sous scellés
de l’appartement parisien de Jeffrey Epstein ? Encore et toujours lui. En quelques mois, le Toulousain Christophe Lèguevaques est devenu l’avocat incontournable des affaires les plus médiatiques. Pourquoi ? C’est ce que Boudu a voulu savoir en allant à la rencontre de ce quinquagénaire boulimique de travail, qui s’est rêvé en astronaute, comédien et même maire de Toulouse avant de se résoudre à faire ce pour quoi il semble le plus doué : défendre les intérêts des petites gens.

L’homme déteste l’injustice. À commencer par celle dont il est victime. Soupçonné par certains de ses collègues de chercher à capter la lumière à tout prix, il s’en défend d’une parade cinglante : « On dit souvent que je prends des dossiers médiatiques mais ce n’est pas vrai. Si je les accepte, car la plupart du temps on vient me chercher, c’est parce que ce sont des affaires complexes, intellectuellement stimulantes. Et si l’on me critique, c’est parce que je travaille, contrairement à beaucoup, et que je n’ai pas ma langue dans ma poche ». Il est comme ça, Christophe Lèguevaques. Dans une époque où la langue de bois est une religion, et où l’on évite au maximum de faire des vagues, l’avocat toulousain détonne. Tel un bulldozer, il avance, sans se soucier du qu’en-dira-t-on, et surtout sans chercher à séduire. Une droiture, que certains qualifient de rigidité, qui intrigue, désarçonne, et irrite. Un mystère qu’il ne cherche d’ailleurs pas à dissiper. Mais qui est donc Christophe Lèguevaques ?

Dernier d’une fratrie de trois, il grandit dans une famille modeste (père monteur électricien, mère femme de ménage), dans le bâtiment 7 de la cité d’Aste, à Empalot. Depuis sa chambre qui donne sur l’école, il voit la Garonne et nourrit des rêves de grandeur. Gisèle Caillive, son institutrice en CM1-CM2 se souvient parfaitement de ce garçon « pétillant, aux grand yeux bleus plein de vie. Il était très ouvert, avenant, avec beaucoup d’humour. Il avait des rêves, et pas forcément celui de devenir avocat ». Compagnon de route de toujours, Stéphane Charbit, aujourd’hui directeur de l’agence de communication OBEA, se souvient qu’enfant, Christophe Lèguevaques se voyait Premier ministre.

Mais d’abord, il ambitionne de devenir le nouvel Einstein. Pour y parvenir, il dévore tous les ouvrages de vulgarisation scientifique qui lui tombent sous la main : « à 13 ans, je pouvais vous raconter la relativité restreinte. » Son objectif ? Devenir chercheur, si possible au CNRS, et arriver là où Einstein n’était pas arrivé, à savoir unifier les quatre forces fondamentales. Un dessein qu’il abandonnera en 1981, avec l’élection à la présidence de la République de François Mitterrand qui lui dessille les yeux sur la politique : « Ce n’était jusqu’alors pas très important chez moi. Mon père, était un peu le Mon vieux de Daniel Guichard : il râlait à gauche, à droite, contre les patrons. Mais c’était un peu au ras des pâquerettes ». Avec l’accession au pouvoir du candidat socialiste, l’adolescent, relativement préservé jusqu’alors par le concept de lutte des classes – « Je n’avais pas ressenti le sentiment de privation, on partait en vacances, comme beaucoup de Toulousains, sur la Costa Brava en Espagne » – prend conscience des inégalités et de la possibilité de les gommer par la politique.

 

 

Dès la troisième, le virage est pris : ce sera Sciences Politiques puis l’ENA « la voie royale pour faire de la politique ». En attendant, c’est en ferraillant avec les profs lors des luttes estudiantines, qu’il se découvre un talent d’orateur. Suffisant pour se rêver un destin à la Louis Jouvet. Scientifique, politique, comédien, l’adolescent se cherche un destin qu’il pense avoir enfin trouvé lorsqu’il crée, avec ses compères Stéphane Charbit et René-Paul Pasquier, « Fêtons 1789 ! », un petit journal pour fêter le bicentenaire de la Révolution.

Il veut devenir un grand écrivain. Entre 16 et 20 ans, il écrit tous les soirs et publie à compte d’auteur un recueil de nouvelles, puis un roman : « À l’époque, les gens savaient écrire. Et puis ça faisait partie de l’idée que je me faisais d’un politique : il fallait savoir écrire avant de savoir compter. Je suis plus Mitterrand que Macron ! ».

Mais ses rêves de grandeurs s’effondrent lorsqu’il est recalé à l’oral d’anglais au concours de Sciences Politique. Échec « dévastateur » qui le conduit à la dépression… et à la fac de Droit. Après deux premières années « chiantes comme la pluie » où il peine à trouver de l’intérêt pour le droit, qu’il juge « désincarné et utilitariste », il croise la route de Louis Boyer, professeur en droit des contrats, qui va tout changer : « En quelques cours, j’ai compris pourquoi je faisais du droit ». Enfin sûr d’avoir trouvé sa voie, il met les bouchées doubles pour devenir avocat : « J’aurais pu devenir fonctionnaire mais ce n’était pas mon style d’être le petit rouage d’une grande machine, avec peu de possibilités d’agir. Je ne me voyais pas non plus devenir magistrat. Alors que les avocats, c’est passionnant. Ils doivent faire preuve d’inventivité, de créativité ». Contrairement à la plupart de ceux qui se rêvent en robe, le jeune Lèguevaques ne jure pas que par le pénal. Question de tempérament : « Aux assises, on plaide peu des articles de droit ou des interprétations de textes. Donc on est plus dans l’émotionnel que dans le rationnel ». Et l’émotion, ce n’est pas son fort. Apprendre, découvrir, travailler sans compter, en revanche, ne lui fait pas peur.

En politique, ce sont souvent les médiocres qui gagnent.

C’est cette soif de connaissance qui va séduire Corinne Saint-Alary-Houin, professeure en droit des affaires à la faculté de droit. « Je le connaissais avant de l’avoir en cours car il faisait partie du Conseil de faculté dans lequel il était très actif. C’était un peu la mouche du coche : il n’hésitait pas à prendre la parole pour s’opposer. Et ce n’était jamais hors propos. » La grande ponte du droit des entreprises en difficultés est surtout fascinée par la puissance de travail du jeune homme et sa capacité à prendre de la distance par rapport à l’enseignement prodigué. Au point de le prendre sous son aile et de lui conseiller de tenter l’aventure au cabinet Jeantet à Paris.

Le jeune homme est alors partagé entre deux sentiments : « Je commence à avoir les soucis petit-bourgeois typiques, à savoir assurer un confort à sa petite famille. En même temps, je sens que la lave continue à dormir sous le volcan. Celle du combat, de vouloir changer les choses. Mais je me dis qu’il faut que j’accepte, un temps, de rentrer dans le rang, de me former ». Sauf qu’au sein de ce grand cabinet parisien, Lèguevaques n’est qu’un parmi tant d’autres. En 3 ans, il ne plaide que de petits dossiers. Par chance, il est amené à travailler sur la faillite de la banque Pallas-Stern. Une aubaine pour celui qui a décidé, sur les conseils de Mme Saint-Alary-Houin, de consacrer sa thèse à ce sujet. Tout sauf un hasard : « Le droit des faillites m’a passionné car c’est une matière de fusion, où toutes les règles de droit sont distordues, remises en question, critiquées, dans le but de sauver l’entreprise. On devient des artisans du droit qui peuvent sculpter et faire évoluer la société ».

Désireux de prendre véritablement son envol, il décide, en 1999, de créer son propre cabinet en compagnie d’Henri De Langle et Laurence Lautrette. Mais pour exister à Paris, une ville où 20 000 avocats vivent en-dessous du smic, il faut faire feu de tout bois. Après des débuts laborieux, les premières victoires finissent par arriver, comme celle de l’accident d’avion d’Air Vietnam, où il parvient, en appel et en travaillant d’arrache pied, à démontrer la faute du pilote : « C’était très technique. J’avais tellement travaillé que j’avais quasiment appris à piloter un avion ». Autre affaire notable, le dossier Wapp Up, où le petit cabinet n’hésite pas à assigner en justice la puissante France Telecom et son armada d’avocats : « Le côté David contre Goliath, surtout quand David envoie la fronde bien en face des deux yeux, je trouve ça jubilatoire ».

Ces succès retentissants, couplés à l’obtention de sa thèse (très remarquée car la première du genre) en 2001, lui donnent une confiance telle qu’il se remet sérieusement à rêver du Capitole. « J’avais rencontré Dominique Baudis en 1985 pour le centenaire du lycée Berthelot. Je l’avais trouvé tellement suffisant que je m’étais mis en tête de le battre. Depuis, j’ai toujours voulu être maire de Toulouse. » Un petit audit des forces en présence, localement, lui fait croire en ses chances : « Je me dis qu’ils sont tellement mauvais que pourquoi pas moi. Ce que je n’avais pas compris, c’est qu’en politique, ce sont souvent les médiocres qui gagnent ».

Il prend définitivement la décision de se réinstaller à l’été 2003 à Toulouse, où il ouvre un bureau secondaire et entreprend de nouer des contacts sur place, notamment au PS local. À l’époque, le parti se porte (encore) bien et personne ne l’attend. Pierre Cohen, alors en pleine préparation de sa propre candidature se rappelle de quelqu’un « d’assez prétentieux, qui voulait jouer sa propre partition alors que nous étions dans une démarche collective ».

Pour François Briançon, ancien premier adjoint de Pierre Cohen entre 2008 et 2014, l’erreur de Christophe Lèguevaques a été de ne pas vouloir composer : « Personne n’aime que quelqu’un arrive et casse la vaisselle. Je lui ai dit qu’il n’arriverait pas à se faire une place au PS et qu’il valait mieux qu’il aille au PRG. Mais Christophe est un peu comme Don Quichotte : il n’a peur de rien et est prêt à s’attaquer à n’importe qui ». Et de lui reconnaître une vraie constance dans les convictions : « Il était persuadé qu’on allait dans le mur. Pour autant ce n’était pas un gauchiste. Il avait une analyse très intéressante, il aurait pu nous amener des choses. Mais il était trop en dehors du moule pour parvenir à y rentrer ».

J’ai fini par comprendre que le droit et la justice sont deux choses différentes. 


Son défaut ? Penser que seuls le travail et les débats de fond peuvent triompher. Alors le jeune avocat se saisit de plusieurs affaires médiatiques comme AZF, Dexia ou les irradiés de Rangueil, pour se faire un nom dans la ville. Mais aussi, comme avec celui du renouvellement de la concession du parking du Capitole, pour « écrire en creux une autre vision, une politique alternative de la ville ». Qui se traduit, en 2007, par la rédaction d’un bouquin, Toulouse a-t-elle un avenir ?, à contre-courant de l’humeur ambiante. Comme souvent : « La question pouvait paraître saugrenue à l’époque où l’A380 était en plein boum. Mais il me semblait nécessaire d’envisager ce que deviendrait Toulouse en cas de crise de l’aéronautique ».

Mais l’ouvrage, écrit seul, ne lui permet ni de faire décoller sa candidature ni d’imposer ses marottes aux caciques du PS qui lui refusent le débat. Didier Cujives, conseiller départemental et président du CDT 31 décrypte : « Il était tellement sûr de sa compétence et de son talent qu’il pensait que cela suffirait pour que les militants le suivent. Mais il a oublié qu’il y avait un parti qui obéissait à des règles. Il a fonctionné comme un homme libre, il n’a pas voulu se soumettreEt les caciques, qui ne l’ont jamais considéré, ne se sont jamais, à tort, intéressés à son travail ».

Une analyse rétrospective à laquelle le principal intéressé souscrit sans sourciller : « J’avais des idées mais tout le monde s’en tapait. Je n’avais pas compris qu’à l’intérieur du PS, qui est un système clanique, à la fois tribal et népotique, il aurait fallu que je me mette dans la roue d’un vieuxEt ça, il en était hors de question ».

 

 

Les 4 % qu’il récolte lors du vote à la primaire du Parti sont d’autant plus difficiles à accepter. « Il a été profondément peiné du score qu’il a fait, se rappelle Didier Cujives. C’est la seule fois que je l’ai vu véritablement affaibli. Il avait un genou à terre. » De plus, personne ne lui propose de figurer sur la liste définitive : « Je ne sais pas si j’aurais accepté mais c’est la tradition. Ils m’ont fait vraiment boire le calice jusqu’à la lie… ». Meurtri, Christophe Lèguevaques décide de mettre les voiles, avec femme et enfants, direction Pondichéry en Inde. Un choix radical en forme d’exil qui s’avère salutaire et déterminant pour la suite : « ça m’a fait un bien fou. J’ai beaucoup lu, réfléchi, écrit. J’ai pris du recul, acquis une certaine sérénité ». Il revient en France avec l’envie d’interagir différemment, à sa façon, dans la vie politique en devenant le spécialiste des actions collectives en France. Pour y parvenir, il crée la plateforme MySMARTCab. Le but de la manœuvre ? Mutualiser les recherches pour monter des dossiers similaires afin de se doter des moyens équivalents aux plus importants cabinets tout en réduisant le montant des honoraires. « Des dossiers comme celui du Lévotyhrox ou Linky m’ont permis de faire évoluer les choses, de révéler des vérités, comme les relations incestueuses entre les autorités de tutelle et Big pharma. » Et il ne faut pas le pousser beaucoup pour que le propos devienne franchement politique : « Le pari est que la justice peut faire entendre la raison face au pouvoir de l’argent. L’un des objectifs avec l’aéroport, n’est pas seulement de lutter contre sa privatisation mais de faire admettre au Conseil constitutionnel qu’il doit faire respecter la séparation des pouvoirs, c’est-à-dire de faire évoluer l’esprit de Montesquieu. Et aujourd’hui ça se joue entre le pouvoir politique et économique. Si j’ai raison on pourra avoir, d’ici quelque temps, un outil de résistance aux lobbies ».

Le cas d’UberEats, l’un des leaders de la livraison de repas en France, pour lequel il veut obtenir la requalification des travailleurs indépendants en salariés et leur indemnisation en est un parfait exemple : « Si on gagne, soit ça casse définitivement le modèle économique Uber en France, soit cela oblige le gouvernement à montrer de quel côté il est ».

Une approche du rôle d’avocat qui le conduit à prendre des dossiers médiatiques et complexes… voire perdus d’avance.

Christophe Lèguevaques semble en effet puiser dans la difficulté des dossiers l’énergie nécessaire pour s’y attaquer. Et de raconter un article paru dans une revue juridique dans lequel un éminent professeur écrivait qu’il allait droit dans le mur : « Chaque fois qu’il y a eu des avancées en droit, c’est parce qu’il y a eu des avocats qui ont vu un tout petit interstice et qui ont frappé jusqu’à ce que cela fasse une ouverture ». L’homme ne se cache pas, par ailleurs, d’y mettre un supplément d’âme : « J’espère toujours que le droit va être en cohérence, s’accorder avec la justice. Car j’ai fini par comprendre que le droit et la justice sont deux choses différentes. On peut avoir des systèmes qui respectent le droit et qui sont complètement injustes, comme le droit nazi par exemple ou le code noir qui gérait la question des esclaves dans les Antilles françaises. Pour arriver à un objectif de justice, il faut parfois un peu tordre les textes ».

Un trait de caractère qui soulève autant l’admiration de ses amis que l’ire de ses détracteurs. « C’est un révolté, il est beaucoup plus rebelle que n’importe quel militant de gauche, s’enthousiasme François Briançon. Et ces combats-là, personne ne les mènerait s’il ne les menait pas. » Un avis partagé par Cyrille Rocher, directeur régional de l’Union régionale des Scop : « C’est un mec généreux qui n’hésite pas y aller, même dans des dossiers où les gens n’ont pas d’argent. C’est un avocat engagé, pas au sens politique, mais au sens éthique et déontologique ».

Corinne Saint-Alary-Houin, qui l’a vu ferrailler, lui l’étudiant de gauche dans les travées de la faculté de droit, n’hésite pas à employer, à son sujet, le qualificatif d’idéaliste. Tout en comprenant que cela puisse en agacer certains. Mais de là à le taxer d’opportunisme, l’ancienne professeure s’inscrit en faux : « C’est vrai qu’il ne sait pas composer. On peut lui reprocher certaines prises de position, parfois un peu excessives mais il croit toujours dans ses combats. Quand les actions de groupe ont été créées, il y a tout de suite vu le moyen de défendre les plus faibles. Sincèrement ». Stéphane Charbit, son ami de l’époque d’Empalot, confirme : « Il n’a pas abandonné ses idées en cours de route. Il n’est pas là que pour faire du business ».

 

 

Frédéric Arrou, longtemps président de l’association des sinistrés du 21 septembre, confirme : « Beaucoup d’avocats nous ont proposé leurs services dans la foulée de la catastrophe d’AZF. Christophe Lèguevaques nous a donné l’impression d’être différent : il ne fanfaronnait pas, ne faisait pas de promesses de victoires. Il a attrapé le dossier par le droit, parce qu’il aime le droit, et a bossé. J’ai bien vu à quel point il pouvait agacer ses confrères. Faut dire qu’il n’est pas séducteur ni beau parleur comme les autres ». Stéphane Borras, délégué syndical CGT, loue également son engagement : « Sur la privatisation de l’aéroport, il trouvait anormal que les deniers publics soient gaspillés. Ce n’est vraiment pas un avocat libéral obnubilé par l’argent ». Nombreux sont ses confrères, pourtant, à l’accuser, en off, de tirer la couverture à lui, de trouver ses affaires dans la presse, d’utiliser les médias. Bref de cabotiner. Pour Maitre Simon Cohen, le seul à avoir accepté de nous parler, Me Lèguevaques n’est pas pire que ses confrères : « c’est un avocat techniquement compétent, convaincant et courageux. Il a eu le mérite d’avoir organisé la citation de Total dans l’affaire AZF. Il fallait oser et il l’a fait ». Et oser, c’est sans doute ce que l’homme sait le mieux faire comme le confie Stéphane Charbit : « Christophe, c’est l’illustration parfaite de l’expression Dare to dream : il a passé sa vie à oser ses rêves, à viser très haut. Et il a toujours bossé énormément pour y arriver. Je pense qu’il est victime d’un mépris de classe ».

Si c’était là, le moteur de son existence ? Une évidence pour Didier Cujives pour qui il a réussi à « devenir le Robin des bois des causes perdues. C’est une revanche sur la condition sociale d’origine, très modeste ». Et le principal intéressé, qu’en pense-t-il ? « Je suis peut être un des derniers à avoir bénéficié de l’ascenseur social. Aujourd’hui je suis un bourgeois. Mais j’ai conscience de là où je viens et de ce que je suis. Je suis écartelé entre les deux mondes dont je vois les oppositions, les complémentarités, les contradictions. Cela explique sans doute que je ne sois accepté ni dans l’un ni dans l’autre. » 

Partagez

Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.