Enquête

Albert Bedouce, maire de Toulouse de février 1906 à septembre 1906

Rédaction : ,
le 14 février 2020 Temps de lecture : 4 min.
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Avant de choisir le maire de demain, découvrons qui étaient les maires d’hier. Cette semaine, Albert Bedouce, notre préfet Poubelle à nous.

Albert Bedouce. Ville de Toulouse, Archives municipales, 14Fi18.

Compagnon de Jaurès, socialiste, fondateur du journal Le Midi Socialiste, franc-maçon, anticlérical, athée, pacifiste (jusqu’à voter les pleins pouvoirs à Pétain en 40), promenant un embonpoint de bon aloi et une belle paire de moustaches, Bedouce était l’incarnation du méridional de gauche de son temps.

Grande personnalité politique française, et maire de Toulouse dans les années 1920, il rêvait probablement en se rasant à une postérité plus éclatante. Sans doute imaginait-il qu’on se souviendrait de lui comme du premier maire de Toulouse candidat à une élection présidentielle (1939), comme du premier maire de Toulouse ministre de la République (ministre des travaux publics du Front Populaire), comme de l’artisan de la semaine de 40 heures, comme du ministre qui imposa l’usage de phares jaunes sur les automobiles, ou encore comme du premier maire socialiste de la ville Rose.

Las, rien de tout cela. Les rares Toulousains à qui le nom de Bedouce dit encore quelque chose s’en souviennent pour la bedoucette, qui fut à Toulouse ce que la poubelle fut à Paris : le premier récipient hygiénique destiné au ramassage des ordures. C’est en 1906, soit une quinzaine d’années après la poubelle du préfet de la Seine, qu’il imposa aux Toulousains l’usage d’un récipient fermé en métal galvanisé. Ces derniers le baptisèrent ironiquement « la bedoucette », expression encore d’usage dans les années 1980 dans certains foyers de Bonnefoy ou de Saint-Cyprien. Élu député, Bedouce quitte la mairie en septembre 1906 et n’impose définitivement sa bedoucette qu’en 1929.

Né en 1869 d’une bonne et de père inconnu, Bedouce, self made man acharné de travail, mourut en 1947 dans son appartement du 22 rue Fabert, en bordure des Invalides, à quelques mètres du restaurant où, un demi-siècle plus tard, Paris Match photographiera pour la première fois Mazarine Pingeot au côté de François Mitterrand.

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