Enquête

Mandats d'ailleurs : Lille

Rédaction : Sébastien VAISSIÈRE,
Photo : Rémi BENOIT,
le 21 février 2020 Temps de lecture : 4 min.
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On savait les Toulousains à 900 kilomètres des Lillois. On les sait désormais à mille lieux de leurs préoccupations. Pendant que les premiers se demandent comment éviter la Ligue 2, se déchirent en comptabilisant les kilomètres de piste cyclable, les mètres carrés de gazon et les moyens de sortir du tout-Airbus, les seconds pensent à se qualifier pour la Ligue des Champions, se protéger du trafic de drogue et à arbitrer le duel PS – LREM.

 

Tout a commencé par une candidature surprise. Après avoir annoncé en 2014 qu’elle ne briguerait pas un quatrième mandat en 2020, Martine Aubry s’est finalement ravisée. La promesse, pourtant, était belle : « Il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. Une nouvelle génération doit arriver et apporter des idées nouvelles. Il faut préparer la suite. Pierre Mauroy l’avait fait. Il faut que je le fasse » s’auto-persuadait-elle encore en 2017.

L’ancienne ministre du travail de Lionel Jospin s’est déclarée candidate en novembre dernier, arguant du fait qu’elle ne voulait pas laisser entrer à Lille la « politique libérale de Macron ». Et ça marche. Le dernier sondage Ifop paru ce vendredi dans La Voix du Nord crédite la liste Aubry de 35% des suffrages au premier tour et de 55% au deuxième en cas d’alliance avec les Verts.

Son programme est au diapason des années écoulées, avec la dose écolo de rigueur. En bonus, un large pan sécuritaire pensé pour réduire l’insécurité liée au trafic de drogue qui a explosé à Lille. Caméras, policiers municipaux supplémentaires, Martine Aubry ne s’interdit rien à part l’idée d’armer la police municipale.

Derrière elle, à 21%, les Verts (qui font partie de la coalition municipale depuis 2001) conduits par Stéphane Baly. Programme similaire, à peu de choses près, à la liste toulousaine Archipel (ville apaisée, bio dans les cantines, augmentation des budgets participatifs, etc.). Quelques singularités tout de même, comme la couverture du périphérique, le revenu universel municipal et la suppression totale de la pub dans les rues.

La candidate du parti présidentiel, Violette Spillebout, dit quant à elle vouloir « faire respirer Lille » avec une liste composée d’une majorité d’anonymes sans étiquette, et largement ouverte « à la diversité ». L’ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry ne semble pas en mesure de s’imposer ni de perturber son ancienne patronne. D’après le sondage Ifop-Voix du Nord, cette dernière recueillerait les bulletins de plus de 30% des sympathisants LREM.

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