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LES BOUDUCONFINÉ(E)S

Sophie Iborra : Nougaro, Le Moan et chocolat


Temps de lecture 3 min

Dis-moi comment tu te confines et je te dirai qui tu es. Aujourd’hui Sophie Iborra, entrepreneure toulousaine membre du Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes.

Où êtes-vous ?
À Toulouse, dans mon appartement

Comment vivez-vous le confinement ?
Plutôt bien. Rester chez soi pour se protéger et protéger les autres me parait une évidence.

 Que faites-vous de vos journées ?
Je tente de les rythmer en alternant un peu de sport,  travail, engagements, repos et évasion de l’esprit.

Que faites-vous de vos nuits ?
Je dors plus ou moins bien, mais je dors.

Que regardez-vous ?
Ma rue déserte, des émissions spéciales (à dose homéopathique) afin de m’informer de la situation, des séries, des vieux films, et des vidéos humoristiques d’internautes qui débordent de créativité pour détendre un peu l’atmosphère.

Qu’écoutez-vous ?
Le silence, des podcast (j’avais du retard), l’intégrale de Claude Nougaro, et les groupes préférés de ma fille qui tient absolument à ce que je les écoute 😉

Que lisez-vous ?
Zéro G de Ludovic Le Moan qui vient de sortir et toute la collection des ZADIG d’Eric Fottorino.

Que mangez-vous ?
Du chocolat, du chocolat et du chocolat, c’est une catastrophe !

Les bons côtés du confinement ?
Le temps ! La disponibilité pour les personnes que l’on aime, même à distance. L’introspection, la réflexion, la nourriture de l’esprit.

Les mauvais côtés du confinement ?
Le sentiment de ne pas pouvoir être utile aux autres, ces autres qui sont en première ligne, ou ces autres pour qui le confinement doit être un enfer…

Si vous travaillez, pouvez-vous nous décrire l’atmosphère qui règne autour de vous ?
Calme et étonnement en ordre ! Ma fille vient de faire 18 ans, je n’ai donc plus à gérer comme d’autres familles l’impatience et l’énergie débordantes des enfants 🙂

Ce qui vous manque le plus depuis que vous êtes confiné ?
Les gens que j’aime, la liberté d’aller et venir partout et tout le temps, le bruit de la ville qui bouillonne.

Ce que vous inspirent ces événements ?
De l’humilité, une certaine retenue et de l’admiration pour toute une frange de la population capable du meilleur face à cette crise sans précédent.

Ce qui vous angoisse ?
La maladie qui pourrait toucher mes parents et mes proches. L’après. La situation économique et sociale à venir. Les chaines d’info en continue. Les commentaires idiots des polémistes professionnels transformés en épidémiologistes.

Ce qui vous donne de l’espoir ?
La solidarité, les femmes et les hommes qui bravent leur peur pour aider les autres, l’idée que nous allons retrouver le sens des priorités et la capacité de résilience de notre nation.

Ce qui vous aide à relativiser ?
Les situations dramatiques que vivent grand nombre de nos concitoyens, je pense à ces familles qui ont perdu leurs proches et qui ne peuvent même pas les enterrer dignement, aux femmes victimes de violences conjugales pendant cette période de confinement, à nos anciens dans les EHPAD, à ces urgentistes confrontés tous les jours à la mort, à ces chefs d’entreprise qui vont tout perdre malgré les aides.

Votre source principale d’information ?
Le journal de 20h et la presse.

La pensée la plus intelligente que vous ayez lue/vue au sujet de ces événements ?
Une tribune de Xavier Alberti « À tout à l’heure » : « Parlons-nous, écoutons-nous et demandons-nous si loin de survivre, nous ne sommes pas en train de revivre » >> xavieralberti.org 

La plus idiote ?
Celle du frère de Tariq Ramadan, (dont le dossier est déjà bien chargé) qui déclare que le coronavirus a été créé par la fornication et l’adultère… Ça se passe de commentaires.

Quelle est la première chose que vous ferez, le premier lieu où vous vous rendrez quand tout cela sera fini ?
Rendre visite à mes proches ici et en Espagne et faire une grosse fiesta avec mes amis pour les serrer dans mes bras 😉

Une citation, une devise que vous aimez, et qui s’applique parfaitement à la situation actuelle ?
« Je ne veux pas passer à côté de ce que l’épidémie nous dévoile de nous-même. »
Extrait de Contagions, de Paolo Giordano, roman écrit juste avant que son pays l’Italie n’entre en confinement en mars 2020. 

La personne qui vous inspire le plus de respect depuis le début de ces événements ?
Le Dr Jean-Jacques Razafindranazy, médecin retraité volontaire décédé du Covid_19 au CHU de Lille.

Ce qui ne sera plus jamais comme avant ?
Le monde.

Ce que vous jurez de changer une fois la crise passée ?
Prendre le temps… de vivre et d’aimer.

Ce que vous vous jurez de changer une fois la crise passée… tout en sachant que vous ne tiendrez pas ce serment ?
Arrêter de fumer… promis je vais essayer.

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.