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Aurélien Pradié : Le bleu des Causses

le 14 mai 2020 Temps de lecture : 13 min.
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En février, le très parisien jury du Trombinoscope a remis à Aurélien Pradié le prix du député français de l’année. Il n’est pourtant pas du sérail. Plutôt des causses du Quercy. En tout cas il est partout. Porteur d’une proposition de loi sur le handicap, d’une autre sur les violences familiales, il multiplie à l’Assemblée les coups d’éclat et les saillies anti Nouveau Monde. Nommé secrétaire général LR en octobre par Christian Jacob, cet ancien étudiant toulousain reste méconnu à Toulouse. Cela méritait bien le voyage jusqu’à Labastide-Murat, fief rural de ce singulier trentenaire surfeur, soupe au lait et chiracolâtre.

Aurélien Pradié, la crise que nous traversons fait vaciller les certitudes d'un grand nombre de citoyens et de politiques. C’est votre cas ?

La crise a fait sauter le dernier verrou de complexe qui me restait. Elle m'a rendu plus révolutionnaire encore. Maintenant c'est sûr : soit c'est la mort du politique, soit c'est son grand retour.

Quelles seraient les conditions de ce « grand retour » ?

D'abord se libérer des experts qui empêchent les politiques d'agir en leur mettant des tableurs Excel dans la tronche. Le fiasco des masques est la démonstration que les experts ont pris la place des politiques.

Ensuite, refuser l'appauvrissement du débat. Depuis deux mois je vois défiler à la télé les mêmes personnes derrière les mêmes webcams dégueulasses, et je suis frappé par la vanité de leur parole. Cette stérilité de la pensée me terrifie.

Pour élever le débat il faut des intellectuels, des penseurs. Qui sont ceux de notre époque ?

Ces derniers temps, j'ai pu me consacrer davantage à la lecture. Je me suis rendu compte que pour trouver des ouvrages d'une certaine densité, j'étais obligé de remonter 10 ou 15 ans en arrière. Depuis, rien, à quelques exceptions près.

Une exception ?

Philippe Tesson. Des personnages comme lui nous seront utiles pour penser le monde de demain. Il nous faut des idées1

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