Enquête

Christophe Lèguevaques : Il faut purger bébé 

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le 14 mai 2020 Temps de lecture : 5 min.
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Pour l’avocat toulousain, créateur de la plate-forme d’actions collectives équitables mysmartcab, la solution pour ne pas sombrer dans le marasme pourrait bien consister à s’attaquer aux paradis fiscaux.

Nous vivons une époque étrange. Les marchés financiers dictent leur loi et distordent la réalité. Vous pensez que j'exagère ? Regardez le marché du pétrole. La consommation du pétrole n'a baissé que de 10 % en un mois, mais on assiste à une situation irréelle : le prix du pétrole est devenu négatif. Pourquoi ? Parce que les contrats souscrits par les spéculateurs leur brûlent les doigts et pourraient carboniser leurs réserves. Pour comprendre le monde fantasmagorique dans lequel nous vivons sans le savoir, il faut reprendre un chiffre révélé par l'économiste toulousain François Morin. Les échanges annuels sur les marchés financiers représentent plus de 60 ans du PIB annuel mondial. Autrement dit, l'économie financière représente 60 ans d'économie réelle. À ce niveau, on peut considérer que Pozzi et sa pyramide ou Madoff et ses « boîtes noires » sont des amateurs.

Cela devient d'autant plus problématique qu’une partie significative de l'argent qui circule sur les marchés  provient de l’économie du crime. On estime que 10 à 15 % du PIB mondial provient des trafics d'êtres humains, d'armes, de déchets et accessoirement de drogues.

Face à ces chiffres, les États sont désemparés et les citoyens désespérés. Surtout que « en même temps » on n'arrête pas de parler de la dette des États et de culpabiliser les citoyens : « vous vivez à crédit », « vous laissez un fardeau aux générations futures ».

Et puis avec la crise du coronavirus, c'est le concours de celui qui a le plus gros… plan de relance. 300 milliards, 750 ! 1 000 ! 2 500 milliards d'euros annoncés par les États. Cela donne le tournis et on n'y comprend plus rien.

Concentrons-nous sur la dette de l’État et prenons un peu de recul historique.

Dans son « histoire de la dette publique en France » (Classiques Garnier, 2019), Michel Lutfalla rappelle1

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