Enquête

Élèves à l’épreuve du confinement

Photo : ,
Rédaction : ,
le 14 mai 2020 Temps de lecture : 9 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Le 12 mars dernier, l’impensable se produit : fermeture des écoles, collèges et lycées jusqu’à nouvel ordre. Cri de joie coupable pour certains, angoisse de parents tenus de se muer en profs. Entre « continuité pédagogique » et « vacances apprenantes », Boudu a tenu le journal de bord de quatre familles « confinées avec l’école ». Une vie de famille à réinventer.

Semaine 1 : Le calage

Lundi 16 mars, 8h30, dans la famille Clerc, Jeanne, 11 ans, est déjà assise à son bureau. Hyper organisée, elle avait établi son programme dès le vendredi soir, en rentrant de sa dernière journée de collège. Les parents, kinés, sont partis travailler. Jeanne et sa petite sœur Raphaëlle, 9 ans, ont pour consigne de respecter l'emploi du temps et les directives donnés par les enseignants. « Quand j'ai sport, c'est sport », et quand
il y a permanence ? « Ben... je fais permanence », explique Jeanne. Pas le choix. C'est le cadre qui palliera l'absence des parents. Pour l'occasion, la famille a investi dans un four micro-ondes pour les repas de midi. Les filles ont les yeux tout ronds : « Tu mets ton chou-fleur et une minute après c’est déjà chaud ! » même le ver oublié n'en réchappera pas.

Pour la plus petite, ces premières journées d'école seules à la maison sont teintées d'angoisse. Marie, sa mère, explique : « Elle est très soucieuse du sort des malades et s’inquiète du fait qu'on doive porter des masques pour aller travailler. Vendredi, quand je l'ai déposée pour son dernier jour d'école, elle pleurait à l'idée de quitter tout son petit monde ». Filles tristes, mère triste, déjà en mal d’école : « c'est formidable l'école : vous laissez vos gosses devant un portail, vous les récupérez le soir, ils sont éduqués, ils ont mangé… ».

Marie est du genre à faire confiance au système : « Chacun son job, il y a des gens que ça excite de faire la classe à la maison, moi, je ne me prends pas pour la maîtresse. Notre but c’est surtout qu’il n’y ait pas de cassure : que les enfants ne déconnectent pas de l’école et vivent bien cette période ».

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Conversation -

Aurélien Pradié : Le bleu des Causses

Le très parisien jury du Trombinoscope a remis à Aurélien Pradié le prix du député français de l'année. Il n'est pourtant pas du sérail. Plutôt des causses du Quercy.

> Lire l'article <
Aurélien Pradié Les Républicains