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Bédé

Halim : « Je me suis décolonisé »

PAR Jean COUDERC
Temps de lecture 5 min

Auteur des succès Arabico et Petite maman, le dessinateur toulousain Halim Mahmoudi vient d’illustrer l’enquête du journaliste franco-irakien Feurat Alani, prix Albert Londres en 2019, intitulée Falloujah, ma campagne perdue. Une investigation choc sur l’utilisation massive de bombes à l’uranium appauvri en Irak lors de l’intervention américaine. Boudu a mis à profit le confinement pour faire le point sur la carrière de cet auteur engagé, qui aspire désormais à ouvrir sa boîte à jouets.

Comment vous êtes-vous retrouvé à collaborer sur ce projet?
Je connaissais un peu le travail de Feurat Alani, j’avais vu certains de ses reportages dans le Monde Diplomatique ou sur Arte. Mais je ne le connaissais pas. Une maison d’édition, après Petite Maman, est venue me voir pour me proposer d’illustrer son enquête.

Jusqu’à présent, vous aviez toujours scénarisé vos albums. Pourquoi avoir accepté cette proposition ?
Je voulais savoir ce que ça faisait de dessiner pour un autre. Je pensais que ce serait reposant… En réalité, j »ai l’impression que mon cerveau a du mal à se contenter de dessiner ! Mais j’ai adoré cette collaboration, en premier lieu parce que l’enquête est remarquable.

Racontez-nous…
Il s’agit d’une enquête sur l’utilisation des armes chimiques lors de l’invasion américaine en Irak. C’est un sujet terrifiant, puisque, rien qu’à Falloujah, où la famille de Feurat vit toujours, 2000 tonnes de bombes à l’uranium appauvri ont été larguées. Depuis, tout est empoisonné (l’eau, l’air, la terre). Il y a 52 éléments chimiques non répertoriés supplémentaires. Les médecins conseillent par exemple aux femmes de ne plus faire d’enfants jusqu’à nouvel ordre ! C’est vraiment une enquête interdite.

En quoi cette enquête est interdite ?
Elle me fait penser au film Les hommes du président d’Alan Pakula. Elle est interdite parce que les scientifiques qui tentent de mener des investigations sont intimidés (menaces de mort, coupures de budget, mises à…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.