Enquête

Joël Echevarria : Pour une frugalité joyeuse

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le 14 mai 2020 Temps de lecture : 4 min.
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Pour Joël Echevarria, directeur de la Toulouse School of economics (TSE), l’enjeu de l’après-covid ne repose pas uniquement sur les décideurs. Un réel changement ne pourra s’opérer qu’à la condition de renoncer à un mode de fonctionnement incompatible avec les nouveaux impératifs écologiques.

« N’ayant souci de rien autre que d'eux-mêmes, beaucoup d'hommes et de femmes abandonnèrent la cité, leurs maisons, leurs demeures, leurs parents et leurs biens, et cherchèrent un refuge dans leurs maisons de campagne ou dans celles de leurs voisins. » Boccace, dans son Décaméron, décrit ainsi le comportement des Florentins face à l'avancée de la peste, en 1350, qui tuera la moitié des habitants de la Ville. Près de sept siècles plus tard, nos comportements ont-ils vraiment changé ?

Cette crise sanitaire et économique a beau être violente et toucher des générations qui n'ont jamais rien connu de tel (à part les plus de 80 ans, soit 6 % de la population française), il me semble présomptueux de penser qu'elle nous poussera vers de nouveaux comportements. « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde » nous disait Camus, avant de poursuivre « la mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande, elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse pas ». Sommes-nous sûrs d'être à la hauteur de la génération de Camus, qui inventa la paix pour avoir trop souffert de la guerre ? J'aimerais le croire… Mais le risque de tomber dans le biais de confirmation est grand, chacun considérant que ce qui arrivera sera ce qu'il souhaitait qu'il arrive avant même la crise. Et là où certains voient l'émergence d'une conscience collective, je vois plutôt une somme de consciences individuelles, voire individualistes, difficiles à mobiliser vers le bien commun.

Mais assez de pessimisme ! Je veux ici exprimer un espoir, un seul : que les réponses gouvernementales à ce danger de mort imminente, très puissantes, le soient tout autant pour un autre danger qui arrive, mais de mort lente cette fois-ci : le changement climatique. Les épidémies de1

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