Enquête

Sophie Iborra : Tous pour un 

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le 14 mai 2020 Temps de lecture : 4 min.
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Fondatrice du premier club économique paritaire de la Métropole Toulousaine Exaequo, Sophie Iborra a été nommée, en 2019, au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle estime que cette crise, en révélant, une nouvelle fois, l’interdépendance de notre monde, a montré la nécessité de s’entraider.

« Rien n’est solitaire, tout est solidaire » écrivait Victor Hugo depuis son exil à Guernesey. Solitaire, comme face à soi-même, nous le sommes toutes et tous pendant cette période de confinement. L'occasion sans doute de nous interroger individuellement sur ce que nous sommes, sur nos convictions les plus profondes, sur notre place dans un monde fragilisé, meurtri, désorienté.

Solidaires, plus que jamais, au sens de notre interdépendance devant l'épreuve. Elle nous montre que nous dépendons des autres, que sans la discipline de son voisin ou de sa voisine, le respect de chacun des gestes barrières, nos parents, amis et bien entendu nous-même, pourraient contracter ce virus mortel. Nous réalisons que sans infirmières, caissières, éboueurs, livreurs, chefs d'entreprise, agriculteurs, enseignants, policiers, nous ne pourrions pas surmonter cette crise. Aucune société ne peut survivre sans une entraide entre ces femmes et ces hommes, membres d'un même tout ; le fameux « tous pour un, un pour tous ». Cette solidarité est partout, qu'elle soit sociale, générationnelle, de genre, culturelle ou encore écologique, elle nous oblige à repenser nos modèles, à se réinventer individuellement et collectivement.

Dans ce contexte, de nombreuses voix s'élèvent, nous questionnent sur « l'après », nous exhortent à trouver des solutions miracles, certains scandent des « vous voyez on vous l'avait dit », d'autres profitent de ce drame pour justifier et illustrer leur haine envers nos gouvernants, des éditorialistes se reconvertissent en épidémiologistes, et les fake news pullulent sur les réseaux sociaux. L'Europe ceci, la mondialisation cela, tout le monde a son mot à dire sans accepter pour une fois, de se poser, de réfléchir ensemble plutôt que de réagir chacun dans sa chapelle. Peut-être nous faut-il d'abord traverser cette catastrophe avec la plus grande discipline, humanité et humilité. Ensuite viendra le temps1

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