Enquête

Carole DelgaAux grands maux les Grands travaux

Rédaction : Jean COUDERC,
Photo : Rémi BENOIT,
le 15 juillet 2020 Temps de lecture : 5 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Depuis plusieurs semaines, Carole Delga répète à l’envi son intention de maintenir les compétences en Occitanie malgré la crise. Nous avons demandé à la présidente de Région comment elle comptait s’y prendre, et sur quelles filières elle avait l’intention de s’appuyer.

Cela fait au moins 20 ans que les élus politiques de tous bords s'accordent sur la nécessité de diversifier l'économie de notre territoire. Pourquoi en est-on resté au stade des incantations ?
La diversification est plus facile à dire qu'à faire. Elle ne se décrète pas. Il faut obtenir des marchés, détenir des savoir-faire. C'est un peu comme quand on dit qu'il faudrait que les entreprises s'installent en dehors de Toulouse. On a beau leur proposer des aides à l'installation, on s'aperçoit que ce n'est pas suffisant pour les convaincre. Après, les choses ont beaucoup changé en 20 ans.

C'est-à-dire ?
Il y a 20 ans, les Régions n'avaient pas les mêmes pouvoirs. Cela ne fait que trois ans, et la loi NOTRe, qu'elles ont une véritable mission économique et un pouvoir de levier. On était davantage sur de la stratégie gouvernementale que régionale. Cette question de la planification et de la délocalisation de filières dans des territoires provinciaux n'était pas d'actualité. Le modèle était tout autre, et fondé sur la mono-industrie par région. Chimie en Rhône-Alpes, aéronautique en Midi-Pyrénées, cosméto-pharmacie dans le nord, agriculture en Bretagne… Et je vous rappelle que l'on considérait que le ferroviaire, c'était fini !

Vous désapprouviez la chose ?
On voit bien ce qu'une telle politique a donné, notamment en matière de santé où l'on a perdu toute autonomie. Il a fallu commander les masques en Chine parce qu’on était incapables d'en produire. Idem pour la question vivrière, alors que Midi-Pyrénées avait développé l'agriculture de qualité. Mais si j'en ai fait la priorité régionale, c'est parce que j'ai pu m'appuyer sur un réseau existant d'agriculture bio, de qualité. Il ne faut pas se voiler la face : pour créer d'autres filières, il faut partir de potentiels existants. Si on développe les énergies renouvelables c'est parce qu'il1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf