Reportage

l’École vétérinaire et l’ENSATAdopte une poule

Rédaction : Jean-François HAÏT,
Photo : Rémi BENOIT,
le 14 octobre 2020 Temps de lecture : 4 min.
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Retourner à la terre, valoriser ses déchets, manger sain… Autant de raisons qui expliquent le succès des poulaillers urbains depuis quelques années. À Toulouse, un projet conjoint de l’École vétérinaire et de l’ENSAT s’intéresse aux propriétaires de poules et à leurs pratiques. Car accueillir cocotte réclame le plus grand soin, si l’on ne veut pas s’exposer à des risques sanitaires.

Jéromine a chaud et semble un peu effrayée. Soudain, elle s’affole, se cogne contre la vitre. Marie Souvestre la calme en la caressant... et en lui posant la main sur le bréchet. Car Jéromine est une poule, plus précisément de la race marans, au plumage noir moiré de brun. Une galline bien dodue à crête écarlate qui, ce jour, joue les figurantes avec beaucoup de bonne volonté. Mais elle aurait parfaitement pu venir se faire soigner pour de vrai ici, à la clinique des « NAC » (nouveaux animaux de compagnie) de l’École nationale vétérinaire de Toulouse. Cocotte serait-elle donc aussi fashionable que des furets gerbilles ? « Il en vient plusieurs fois par semaine et la tendance est à la hausse depuis quelques années », explique la jeune vétérinaire, qui consacre une thèse au sujet. Des poules et des poulaillers, il y en a toujours eu à la campagne. Mais depuis quelques années, les poulaillers urbains ont le vent en poule.

POUR UNE ALIMENTATION SAINE
Le phénomène a émergé autour de l’an 2000. En particulier à New York, comme toute mode qui se respecte. Des jardins communautaires du Bronx, du Queens ou de Brooklyn, il s’étend au reste du monde et gagne en particulier l’Europe des villes, prise elle aussi d’une envie de retour à la terre, réel ou fantasmé. Mais qui sont au juste les propriétaires de poules ? Et quelles sont leurs pratiques ? Pour le savoir, un projet de sciences participatives, POC (Poule Occitane), a été lancé en 2018 par l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) en partenariat avec l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse (ENSAT). Il vient de s’achever. En deux ans d’enquête, plus de 300 gallinophiles occitans ont répondu au questionnaire en ligne, et plus de 1200 au plan national. Un échantillon assez large pour préciser les motivations de ces1

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