Reportage

Chêne VertCaresses sur ordonnance

Rédaction : Agnès BARBER,
le 14 octobre 2020 Temps de lecture : 8 min.
Partager : TwitterFacebookMail

Depuis une dizaine d’années, les expériences de médiation animale se multiplient avec succès dans les domaines de la santé et du social. Relais précieux des soignants et des éducateurs, les animaux se sont imposés dans bon nombre de thérapies et de programmes socioéducatifs. C’est le cas au Chêne Vert, situé à Flourens, près de Toulouse. Un ranch où l’espoir d’un mieux-être se promène au bout d’une laisse ou d’un licol.

Au ranch du Chêne Vert, l’hôte d’accueil s’appelle Lucky. C’est un alpaga, animal cousin du lama. Curieux, il s’avance en faisant des yeux ronds et en découvrant ses dents. L’envie de tâter la grosse choucroute permanentée au sommet de son crâne est plus forte que la peur, même pour une journaliste poule-mouillée, capable de partir en courant devant un chihuahua.
C’est d’ailleurs à cela que sert Lucky. C’est « l’atout curiosité », d’Alice Belloc, éducatrice spécialisée, formée à la médiation animale, et l’une des deux salariées du pôle social du Chêne Vert : « Comme l’alpaga est un animal peu courant, il est très valorisant ! Quand on le balade au bout du licol, c’est comme si on gagnait 12 000 points en fierté et en confiance en soi ! » Et c’est important car les personnes qui viennent au ranch sont souvent cabossées par la vie. Le camélidé de 80 kilos, - dont le dos fragile interdit qu’on grimpe dessus - s’est imposé comme la mascotte de la ferme. Il a été choisi car il est facile à mener en main, ce qui permet à Alice de mettre en place de petits parcours de maniabilité où il est simple de progresser et d’être valorisé. Selon l’éducatrice, l’alpaga est un animal calme et paisible, d’humeur stable, avec un côté « doudou », rassurant pour des publics qui peuvent se montrer angoissés.
Le ranch du Chêne Vert est situé au centre d’un vaste pôle social constitué d’une maison d'enfants à caractère social, d’un service d'accueil de jour et d’une maison relais (anciennement appelée "maison de famille"), gérés par une association mère, l’Anras. Au quotidien, Alice et sa collègue encadrent des bénévoles comme Corinne, chargés des soins prodigués aux animaux. Ces bénévoles sont des résidents de la maison relais ou des jeunes de la maison d'enfants. Ils sont autonomes dans leurs tâches,1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf

À lire aussi dans ce numéro

Portrait -

Mathieu TronchetEnragé dans l’humanitaire

En août dernier, après la double explosion survenue dans le port international de Beyrouth, Mathieu Tronchet s’est rendu dans la capitale libanaise pour renforcer les équipes de sauvetage locales. Infirmier...

> Lire l'article <
Mathieu Tronchet Humanitaire
Format court -

Guirec SoudéeJamais sans ma poule

Du 25 au 29 novembre prochain au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, se tiendra le festival d’explorations scientifiques Terres d’ailleurs. L’occasion d’y découvrir les aventures de Guirec Soudée, qui pendant...

> Lire l'article <
Enquête -

le RIPPense-bêtes

Ces trois derniers mois, trois initiatives d’envergure en faveur du bien-être animal ont été initiées dans le pays. Un référendum d’initiative partagée (RIP) signé par huit députés d’Occitanie ; une...

> Lire l'article <