Portrait

Mathieu TronchetEnragé dans l’humanitaire

Rédaction : Emilie DIAS,
le 14 octobre 2020 Temps de lecture : 4 min.
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En août dernier, après la double explosion survenue dans le port international de Beyrouth, Mathieu Tronchet s’est rendu dans la capitale libanaise pour renforcer les équipes de sauvetage locales. Infirmier et sapeur-pompier volontaire à Montauban, il a regagné son Tarn-et-Garonne natal traversé par les mêmes sentiments qu’au retour de ses précédentes missions : la fierté, la résignation, et le dégoût.

Depuis sa maison de campagne de La Salvelat-Belmontet, Mathieu Tronchet aperçoit les coteaux du Quercy. Il pourrait passer son temps à s’absorber dans ce paysage. Mais ce qui se cache derrière cet horizon l’attire davantage : l’inconnu, l’ailleurs, l’étranger. « Mathieu ressent le besoin de partir, c’est une nécessité pour lui », confie Lucie, qui partage sa vie depuis plus de 20 ans. Partir, oui, à condition que cela soit pour aider les autres. Le sapeur-pompier a toujours voulu vouer sa vie aux autres. Enfant, il est fasciné par les soldats du feu : « Les autres enfants étaient éblouis par la couleur rouge du camion et la prestance de la tenue, moi, je frissonnais à l’idée d’aider les autres ». À sa majorité, il devient sapeur-pompier volontaire. Puis entame des études d’infirmier à Agen : « J’ai tout de suite su qui j’étais, je n’ai pas eu besoin d’un cursus scolaire pour le découvrir. » Infirmier et sapeur-pompier, il veut aller plus loin et s’engager dans l’humanitaire. À la caserne départementale du Tarn-et-Garonne, le jeune infirmier fait la connaissance du médecin-chef François Sarda. Ce lieutenant-colonel habitué des missions humanitaires voit en lui une valeur sûre pour l’ONG Aides Actions Internationales Pompiers. Au-delà du désir d’être utile, il y a l’appel de l’aventure. Aussi, quand on lui propose de rejoindre l’équipe qui partira à Haïti en 2010, il saute sur l’occasion. Gonflé à bloc, « comme lorsque je pars en intervention », il découvre à son arrivée une situation contrastée où les sentiments s’entrechoquent. L’adrénaline laisse vite place à la douleur, « Il y a des visages qui marquent » confie-t-il avec pudeur. Comme celui d’une haïtienne de 18 ans rencontrée dans le camp de Pinchinat, un abri de fortune où l’insalubrité règne. « Sa cuisse était ouverte en deux,1

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