Portrait

Gilbert LegrandLegrand détournement

Rédaction : Agnès BARBER,
Photo : Rémi BENOIT,
le 14 octobre 2020 Temps de lecture : 7 min.
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Gilbert Legrand métamorphose les objets du quotidien avec humour et tendresse. Dans son livre « Seuls, moches et abandonnés » sorti en septembre, il s’attaque aux déchets plastique abandonnés sur les plages. En pleine préparation de deux expositions qui se tiennent ce mois-ci dans le Tarn, cet ancien concepteur d’objets chez Pif Gadget nous a ouvert les portes de son atelier toulousain.

On s’attendait à ce que Gilbert Legrand vive dans un silo à grains, un moulin à eau ou un container détourné de sa fonction première, mais c’est une grande maison classique qui abrite son atelier. Une habitation dont les angles droits contrastent avec le fouillis des buissons. Ici, le sécateur et le taille-haie auront sûrement été transformés en super-héros. C’est une manie chez Gilbert de s’attaquer aux outils. Pour le jardin, ça attendra.
Ce qu’on comprend très vite, c’est qu’il ne s’en prend ni aux murs ni aux façades : « avec moi rien de gros ! Pas de voitures, pas de motos, je n’aime pas le gigantisme j’aime les petites choses : les outils, les ustensiles, les objets simples et modestes qui possèdent une sorte d’entièreté. Je suis très opportuniste : je tombe sur un objet et ça devient un tank, un sous-marin », pose-t-il en préambule.
Dans le vestibule, l’interrupteur, maquillé en drôle de bonhomme sautillant vous fait signe d’entrer et un cintre en bois transformé en couple de tourtereaux vous indique que l’homme a le romantisme humoristique, « je l’ai peint pour l’anniversaire de Cathie, ma compagne », explique Gilbert. On se prend à rêver, nous aussi, de se faire offrir un jour un portemanteau.
Bienvenue chez l’inventeur, l’artiste, le poète, le détourneur : on a du mal à qualifier Gilbert Legrand. Tout comme on aurait du mal à lui donner un âge : cheveux blancs mais silhouette de jeune homme amoureux. Regard de gamin malicieux.

« C’est comme s’il voyait le monde avec un autre œil, ou des lunettes spéciales », nous décodera plus tard Ysa, l’une de ses grandes amies, fan de la première heure. « Il a une double vision du monde : tout a un autre sens avec lui.1

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