Reportage

Cimetière des animauxRIP Kiki

Rédaction : Emilie DIAS,
Photo : Rémi BENOIT,
le 14 octobre 2020 Temps de lecture : 4 min.
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Créé en 1968 par un laborantin toulousain, Maurice Massonnier, le cimetière des animaux de Beaumont-sur-Lèze (31) est géré depuis 1992 par une association qui porte son nom. Boudu s’est glissé dans les allées de ce lieu étrange et quiet, semblable à quelques détails près aux cimetières humains, à la rencontre des maîtres éplorés penchés sur la tombe de l’animal qu’ils aimaient.

Thérèse Campan, 87 ans, est assise près de la tombe de son chat Trésor. Son « minou » mourant l’a inspirée pour terminer son livre « Un crime presque parfait sous la 3ème République. » Elle lit à haute voix ces derniers mots, pour celui qui a partagé sa vie pendant 15 ans : « Un sentiment de révolte m’anime, je ne souhaite pas sa sépulture dans mon jardin. C’est donc avec émotion et empressement que je choisis d’inhumer Trésor au cimetière animalier de Beaumont-sur-Lèze. » Dans ses yeux abîmés, son amour des animaux déborde et elle l’assume : « On me prend souvent pour une fada, mais en enterrant mon chat ici, je voulais le déconnecter des ambiances hostiles. » Dans ce cimetière, implanté en pleine campagne haut-garonnaise, seul le bruit des moustiques vient troubler le calme. Ici, 1682 animaux ont été inhumés. Des chiens, des chats, lapins, hamsters et même un furet. Seuls les animaux de compagnie sont autorisés. Pourtant, en se glissant dans les allées étroites, on remarque que la première tombe était celle d’une ânesse. Noisette appartenait à Maurice Massonnier, le fondateur du cimetière. Dans les années 1960, ce scientifique toulousain achète ce terrain pour ses propres besoins. Après Noisette, il enterre ses deux chiens, Tomy et Ralph, et commence à inhumer les animaux de ses amis. Le cimetière s’agrandit et devient en 1968 officiellement un lieu pour les animaux. À l’entrée du champ de repos marbré, une stèle rend hommage à Maurice Massonnier. Aujourd’hui, le lieu est géré par l’association qui porte son nom. Michel Caboche, qui a connu le créateur dans les années 1970 en est devenu le président. Ce passionné guide, conseille les curieux et raconte avec emphase l’histoire du lieu.

 

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