Portrait

Stéphanie LedouxCroquistadore

Rédaction : Agnès BARBER,
le 4 novembre 2020 Temps de lecture : 5 min.
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Stéphanie Ledoux parcourt le monde carnet à dessin sous le bras, à la recherche de visages à croquer et de rencontres à faire. À la fin du mois, elle exposera une sélection de ses portraits au Museum d’histoire naturelle de Toulouse. Une bouffée d’oxygène en ces temps de voyage prohibés, et une leçon de patience à l’ère du culte de l’instantanéité.

Il faut se hisser au troisième étage d’un ancien moulin, franchir une première porte, puis monter un autre escalier, petit goulot étroit et escarpé, pour enfin prendre une grande respiration –masquée-. L’ascension valait le coup : on plonge littéralement dans la Garonne, depuis cette immense pièce, à la fois cuisine, salon et atelier.
Se rendre dans l’atelier de Stéphanie Ledoux, c’est déjà un petit voyage, même si la brique rose rappelle que l’on est bien à Toulouse. La fine et longue silhouette, liane souriante a l’œil « khôlé » comme les femmes qu’elle a peint au bout du monde et qui nous scrutent depuis les murs de l’entrée, prévient : « Je suis désolée, j’ai rangé. Il n’y a plus grand chose. J’ai fait une overdose après les portes ouvertes de mon atelier, il y a trois semaines. Quand on vit et qu’on travaille au même endroit, on a parfois envie de désencombrer. » Stéphanie Ledoux vit et travaille à Toulouse, où les Toulousains commencent à la connaître, surtout depuis qu’elle a réalisé l’affiche de l’édition 2019 de Rio Loco. Mais son métier d’artiste globetrotteuse, l’emmène ailleurs une bonne partie de l’année : du Yémen à la Papouasie, du Mexique à l’Indonésie, en passant par la Birmanie ou le Baloutchistan. Depuis maintenant 10 ans, la liste est longue des pays où elle a promené son crayon et ses carnets de croquis. « J’étais une grande fan de voyage et de dessin, donc j’ai fait ma tambouille : j’ai mixé les deux, et j’ai réussi à faire en sorte que ce soit mon métier ». Vie de rêve.
Pour la jeune femme, le déclic a eu lieu il y a une dizaine d’années, au milieu d’un champs de tournesol de la région : « Cet été-là, mes parents étaient partis au Vietnam, un pays que je rêvais de visiter. Et pour la1

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