Format court

Etonnement

le 4 novembre 2020
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ça nous est tous arrivé au moins une fois. On voyage quelques jours dans un autre pays, on traverse en marchant des villes étrangères, attentif à leur atmosphère, leurs parfums, leur décor, et surtout curieux de leur Histoire. Si bien qu’une fois de retour à Toulouse, l’espace d’un instant, on continue de considérer ce qui nous entoure avec des yeux d’estivant. Phénomène tout entier contenu dans cette formule de Stendhal : « Le plus grand plaisir du voyage est peut-être l’étonnement du retour ».

C’est à la poursuite de cet étonnement que nous avons découvert la genèse toulousaine de l’album de Tintin Le crabe aux pinces d’or. Une affaire qui remonte à la deuxième Guerre Mondiale lorsque, laminée par les nazis, l’armée belge enjoignit sa jeunesse à gagner Toulouse pour y préparer la reconquête. 120000 jeunes gens, souvent mineurs, traversèrent ainsi la France à pied pour rejoindre chez nous, rue Boulbonne, les Centres de Recrutement de l’Armée Belge (CRAB). Mais la reconquête ne vint jamais, et les Belges devenus embarrassants furent placés dans des camps montés à la hâte, où les conditions de vie étaient abominables. Le plus grand de tous se trouvait au Parc des Sports, près de l’actuelle piscine Nakache. À leur retour, dès 1941, Hergé rendra un hommage appuyé à la jeunesse belge des CRAB, d’une part avec un clin d’œil dans le titre Le crabe aux pinces d’or, d’autre part avec la première planche de cette nouvelle aventure, qui représentait Tintin de retour de Toulouse, en route pour de nouvelles aventures.

Tout aussi étonnant, cet épisode de la vie politique locale au cours duquel le maire quadragénaire de Toulouse, Dominique Baudis s’illustra au point qu’on envisagea sa candidature à la présidence de la République. L’histoire d’une fronde de douze jeunes maires de centre droit menés par Baudis en 1989, qui voulaient ringardiser les partis et mettre les vieux (Chirac et Giscard) à la retraite. Un mois durant, la France fut persuadée qu’ils allaient y parvenir. Surtout le 9 avril 1989 à 20h, quand Dominique Baudis, en direct sur TF1, pria Valéry Giscard d’Estaing de laisser la place aux jeunes avant les Européennes. Une allocution restée1

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