Portrait

Sophie ArieuKiosque aquí

Photo : Julie IMBERT,
le 4 novembre 2020 Temps de lecture : 2 min.
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Nous ne pouvions fêter les cinq ans de Boudu sans convier buralistes et kiosquiers à souffler les bougies avec nous. Sans eux, impossible de faire vivre un magazine local papier décontracté à l’ère de l’info digitale, hystérique et mondialisée. Comme ils ne rentraient pas tous sur la photo, nous avons choisi de mettre en avant l’une des dernières arrivées : Sophie Arieu, kiosquière place Lafourcade, qui en plus de vendre des journaux, rend service, renseigne, et essaie de donner une âme à son quartier.

Le rideau de son kiosque s’est levé pour la première fois le 7 juillet, dans une ambiance timide de congé estival post-confinement. La crise de la presse écrite, la covid-19, la faillite du principal diffuseur de presse de l’hexagone, tout semblait alors réuni pour décourager n’importe quel projet d’installation. Pas suffisant pour déstabiliser Sophie Arieu : « J’ai mis tellement d’énergie dans la recherche de fonds et les démarches administratives que je ne vais pas lâcher maintenant : ce kiosque, je rêve de l’ouvrir depuis un an » soufflait-t-elle alors. Quatre mois plus tard, la passion est intacte, même si l’indélicatesse de certains badauds sans-gêne, et l’agression verbale qu’elle a subie parce qu’un passant lui reprochait violemment d’afficher la une de Charlie Hebdo, ont quelque peu douché son enthousiasme. Ce n’est rien en regard des amitiés nouées avec les habitants du quartier. Comme ce septuagénaire qui vient chaque semaine acheter son Télé Loisirs, son Charlie, et partager un moment. Et cette dame, cliente du coiffeur d’en face, qui vient tous les matins boire son café. Et tous ces gens qui n’achètent rien mais passent la tête pour un sourire ou un bonjour. Le jour de notre visite, une odeur de café et une guirlande d’oiseaux en papier journal flottaient dans l’air. Sophie Arieu reçoit quelques sourires timides, qui laissent place à une pluie de questions : « Vous avez des timbres ? », « Ils sont où vos journaux ? », « Vous vendez des masques ? Et des Smarties ? ».

Son expérience dans le milieu associatif et la médiation culturelle (notamment la création d’une résidence d’artistes en hôpital psychiatrique) l’ont conduite à aborder le métier de kiosquière d’une manière singulière. « Mettre en contact des gens qui ne se ressemblent pas, c’est un peu mon truc ! »  Convaincue qu’on change la société avec de modestes1

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