Interview

Michel MuroAider tout ce qui bouge

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
le 7 février 2021 Temps de lecture : 5 min.
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Depuis janvier, une Agence des Pyrénées créée par les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine est en charge de la promotion et du développement du massif. Elle est née de la fusion de trois structures, dont la Confédération pyrénéenne du tourisme et une association méconnue : l’Adepfo. Fille de la décentralisation des années 1980, l’asso a contribué à l’éclosion de plus de 3000 projets de développement grâce à une méthode que son dernier directeur, Michel Muro, rêve d’étendre aux autres massifs et aux quartiers déshérités des villes moyennes.

Vous avez passé ces 30 dernières années dans les Pyrénées à accompagner avec l'Adepfo des projets de développement. La question peut paraître étrange, mais elle mérite d’être posée en préambule : pourquoi développer les Pyrénées ?
Parce que le meilleur moyen de pérenniser le réservoir de santé, de culture, de savoirs, de patrimoine et de liberté que constitue ce massif, c’est de maintenir la vie sur place et d’y développer harmonieusement l’activité.

Qu’entendez-vous par développement harmonieux ?
Le contraire de ce à quoi on a parfois assisté dans les années 1960 et 70, avec d’un côté des espaces de protection stricts comme les Parcs nationaux, de l’autre le développement excessif de stations de montagne pour faire de l’argent. Or, ce n’est pas en transformant les Pyrénées en zoo qu’on les préservera. Et ce n’est pas en les développant à tous crins qu’on y installera des activités pérennes. Mieux vaut miser sur un développement intégré des territoires de montagne en conjuguant aménagement et biodiversité dans le cadre d’un développement écoresponsable.

Est-il possible de ménager à ce point la chèvre et le chou ?
Bien sûr. À condition de prendre en compte en priorité le facteur humain. C’est précisément l’objet de l’Adepfo. Ce facteur humain est l’une des plus-values de sa méthode : la formation-développement.

De quoi s’agit-il ?
C’est un géographe de l’université de Lyon, Maurice Allefresde, qui a inventé le concept. Les premières expériences d’accompagnement aux projets locaux ont été menées en Ardèche, puis la Commission européenne s’en est emparée pour des projets en Italie, en France et au Royaume-Uni. Ce n’est donc pas un dispositif purement pyrénéen ni même rural. Je rêverais même de l’étendre aux villes moyennes, à l’échelle d’un quartier. Je suis convaincu qu’elle y serait très efficace. Dans les Pyrénées, elle a trouvé un terrain propice1

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