Enquête

Le pyrénéisme rêve de l’Unesco

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
le 9 février 2021 Temps de lecture : 5 min.
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Il y a un an, Chamonix fêtait en grande pompe l’inscription de l’alpinisme au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Une distinction obtenue de haute lutte, qui pourrait donner des idées aux artisans de son rival méconnu : le pyrénéisme.

Les grands desseins naissent parfois de petites fêtes. C’est le cas de l’inscription de l’alpinisme au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. L’idée est montée en 2009 dans des vapeurs de vin blanc, après la cérémonie des Piolets d’or, le grand rendez-vous annuel des montagnards : « On se réjouissait de prendre en considération, pour ces prix, des critères culturels et humains autant que sportifs, se souvient Claude Gardien, guide de haute montagne, ancien rédacteur en chef de la revue Vertical, et membre du comité de pilotage du projet alpinisme-Unesco. Comme on discutait du moyen d’assurer la permanence des valeurs de l’alpinisme on s’est mis au défi de le faire classer à l’Unesco. On s’est procurés un dossier, on a étudié les critères… et finalement l’alpinisme cochait toutes les cases ! » Dix ans après ce « pari festif », l’alpinisme est gravé dans le marbre et reconnu par 178 pays comme « l’art de
gravir des sommets et des parois en haute montagne, en toutes saisons, en terrain rocheux ou glaciaire. »
Et que ceux qui n’y voient qu’un symbole se détrompent : « Au-delà du patrimonial et du culturel, cette inscription contribue à assurer aux alpinistes un libre accès à la montagne, droit que certains voudraient voir limité. Elle nous donne aussi une légitimité pour lutter contre la judiciarisation qui menace la pratique. D’une certaine manière, c’est un lobby », résume Claude Gardien.
Loin de Chamonix et de ces considérations, les Pyrénées ont accueilli la nouvelle du classement de l’alpinisme avec indifférence. Habitués à vivre dans l’ombre de leurs pendants alpins, les Pyrénéens n’ont pas songé à porter la candidature du pyrénéisme. Pourtant, le pyrénéisme n’est pas une chimère. Il a des pères, tous nés au XIXe siècle : le poète alsacien Louis Ramond de Carbonières, l’explorateur franco-britannique Henri Russel, le géologue nantais Maurice Gourdon, le géographe et1

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