Interview

Didier Cujives« N’ayez pas peur ! »

Rédaction : Sébastien VAISSIERE,
le 3 février 2021 Temps de lecture : 5 min.
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Président du Comité Départemental du Tourisme de Haute-Garonne, Didier Cujives est un montagnard accompli et un amoureux des Pyrénées. Comme individu, il vénère la quiétude de ses sommets. Comme promoteur du tourisme, il encourage les autres à fréquenter ces mêmes sommets et à ne pas en avoir peur. Une position pas si contradictoire qu’il n’y paraît…

Mi-janvier, la saturation du parking du plateau de Beille en Ariège et la fermeture de son accès par la gendarmerie ont marqué les esprits. La crise sanitaire explique-t-elle à elle seule l’afflux massif de touristes vers les Pyrénées ?
Pas uniquement. À la lumière du Covid, les Français se sont aperçus que la montagne était leur dernier espace de liberté. Une clientèle nouvelle s’est alors rendue dans les Pyrénées. Cet été, elles ont accueilli des jeunes des quartiers. Cet hiver, les stations de moyenne montagne ont été prises d’assaut. Les gens sont venus respirer en altitude pour oublier ces longs mois passés sous cloche. Et finalement, ils se sont aperçus que les clichés sur la montagne n’étaient pas fondés.

Quels clichés ?  
Le fait qu’elle soit réservée l’hiver aux gens qui ont les moyens, et l’été à une sorte de crème aristo qui connaît les codes et sait mettre un pied devant l’autre. Non, la montagne est à tout le monde, et c’est très bien ainsi.

Ne faut-il pas craindre les conséquences du tourisme de masse sur ces zones fragiles ?
De quel droit pourrions-nous imaginer que la montagne ne soit pas accessible à tous ? Si c’est un espace de liberté, peut-on s’arroger le droit de le restreindre à certains ? Bien sûr que non. Le nœud du problème n’est pas la quantité de touristes mais leur concentration. En dehors de certains sites phares comme les Bouillouses dans les P.O., le lac d’Oô chez nous, Gavarnie, Pont-d’Espagne dans les Hautes-Pyrénées et quelques autres, les Pyrénées sont vides.

Comment faire pour les désengorger ?
En les considérant comme des portes d’entrée et non comme des buts à atteindre.
Pourquoi les touristes ne franchissent-ils pas ces « portes d’entrées » ?
Parce qu’ils ont peur. Le Lac d’Oô est souvent surpeuplé, mais1

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