Reportage

Quand les babas soulèvent des montagnes

Rédaction : Agnès BARBER,
Photo : Orane Benoit,
le 3 février 2021 Temps de lecture : 15 min.
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Il y a 5 ans, Marlies et Tom sont arrivés de Belgique dans les montagnes ariégeoises et n’en sont plus jamais repartis. Les pieds sur terre, loin des clichés usés des babas fumeurs de pétards, ces néo-hippies perfusés à la permaculture ont déjà soulevé des montagnes pour façonner leur rêve d’autosuffisance. Rencontre avec des spécimens de la dernière génération d’utopistes-visionnaires ariégeois, plus pragmatiques que dogmatiques.

On a promis de taire le nom du hameau qui abrite leur « paradis ». Pour y accéder, au cœur de ce mois de janvier, le citadin et ses après-skis neufs devront subir leur lot d’épreuves : à commencer par la pose incontournable des chaînes, les pieds dans la gadoue, offrant l’amusement du jour à la mamie de l’ultime maison de ce village de la vallée de la Bernède. Une bonne façon d’expérimenter le légendaire sens de l’entraide ariégeois car, bien sûr, la première voiture qui passe s’arrête. Et son conducteur devient instructeur, nous offrant avec efficacité la leçon de « chaînage » locale : l’ariégeois est plus pédago qu’un « tuto vidéo ».
Après d’interminables kilomètres sur un étroit chemin enneigé, plus proche de la piste de ski de fond que de la route communale, impossible d’aller plus loin. Deux maisons, puis, plus rien. Ah si, à peine visible, un petit sentier nous invite en contre-bas. Et là, devant nous, une étendue courbée, en pente douce, qu’un doigt gourmand aurait doucement tracé dans un Chambourcy. Lovée dans le creux de la montagne, une maison de pierre et de bois, cheminée fumante, nous attend. Vision de « la petite maison dans la prairie ». Ou bien d’un conte pour enfants, sauf qu’ici, pas de sorcière ni de loup faux-jeton pour nous accueillir : juste deux gros chats roux, mûrissant au soleil comme les kakis entreposés sur le balcon de bois. C’est là que vivent Marlies, Tom, et leur petite fille Lizalou ainsi que parfois des amis de passage, qu’on accueille « le temps de se retourner ». Ça sent la maison bleue adossée à la colline.
« Ici on est dans la partie la plus plate du coin, les gens en parlent comme des Flandres », plaisante Tom. Ce presque quadra et sa compagne Marlies, sont arrivés de Belgique il1

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