Enquête

Station de ski les AnglesUn cas d’école

Rédaction : Jean COUDERC,
le 5 février 2021 Temps de lecture : 3 min.
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Lorsque Paul Samson décide, en 1961, de développer le ski aux Angles, le petit village des Pyrénées-Orientales est moribond. En plein essor dans les années 1980, la station semble, depuis le début des années 2000, marquer le pas entre manque de neige, spéculation immobilière et préoccupations environnementales. Point culminant de ces interrogations, la dernière élection municipale, loin de rassembler les avis, n’a fait que confirmer un divorce au sein de la population.

Quel regard porterait Paul Samson sur l’évolution des Angles ? Cette question, ils sont quelques-uns, dans les Pyrénées-Orientales, à prétendre être en mesure d’y répondre. Sinon que la situation a tellement changé depuis la fin des années 1950 qu’il est sans doute plus prudent de ne pas importuner le sommeil du fondateur de la station de ski.

« Il faut se rendre compte de ce qu’étaient Les Angles dans les années 50. Les gens vivaient en autarcie complète car aucune route commerciale ne passait par le village », pose Michel Poudade, maire depuis 2014. Son prédécesseur à l’hôtel de ville Christian Blanc lui emboîte le pas : « Lorsque la première remontée voit le jour, on est dans un contexte d’extrême pauvreté et d’exode rural très fort. Auquel s’ajoute une hécatombe des hommes à cause des deux guerres. »
Lorsque quelques propriétaires de forêts se rassemblent pour acheter le premier télésiège, on ne dénombre plus que 200 habitants dans cette bourgade du Capcir alors que l’on y recensait 800 âmes au début du siècle. L’objectif est alors clairement affiché : amener une activité économique seule à même d’endiguer la fuite des jeunes. La greffe, comme sur l’ensemble du massif pyrénéen, prend tout de suite. Au fil des décennies, la station se développe, le domaine skiable se modernise, les projets immobiliers fleurissent, un complexe aqualudique voit le jour. Les différents maires qui se succèdent semblent ainsi poursuivre l’œuvre de Paul Samson dans une relative harmonie même si la fermeture en 2006 du complexe « dont l’exploitation est trop chère pour les finances de la commune » selon l’ancien maire, et la raréfaction de la neige freinent quelque peu l’élan.
Jusqu’en 2014 où Christian Blanc, premier magistrat de la ville, décide de passer la1

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