Portrait

Christine Téqui, une femme pressée

Rédaction : Jean COUDERC,
le 13 février 2021 Temps de lecture : 10 min.
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En succédant, le 8 novembre 2019, à Henri Nayrou à la présidence du Conseil départemental de l’Ariège, Christine Téqui devenait du même coup la première femme à occuper une telle fonction dans le département. Une ascension supersonique pour cette ingénieure de formation qui n’a pas plus froid aux yeux qu’aux jambes lorsqu’il s’agit de bousculer les habitudes ou de descendre les pistes.

Lorsque le 21 octobre 2019, Henry Nayrou rend publique, à la surprise (quasi) générale, sa décision de démissionner de son poste de président de l’institution ariégeoise, Christine Téqui sait que son heure est venue. Non pas qu’elle ait échafaudé un plan de carrière de longue date. Mais elle apparaît aux yeux de tous comme la successeuse naturelle de l’ancien patron du Midol pour occuper la fonction. « Elle était présidente de notre groupe, son élection était la suite logique, confirme Henri Nayrou. Et puis elle symbolisait un changement d’époque. » Sous-entendu, la fin d’une domination sans partage des hommes sur le département de l’Ariège. « C’est vrai qu’on était un conglomérat de mecs, reconnaît Nayrou. Mais elle avait un bagage intellectuel qui lui permettait de leur tenir tête, y compris à des vieux renards de la politique. »
La politique, Christine Téqui n’est pourtant pas tombée dedans dès la naissance. Son grand-père maternel a certes été adjoint au maire pendant 25 ans dans le Puy-de-Dôme. « Vu que sa maison était attenante à la mairie, le maire était pratiquement là tous les soirs », se souvient-elle avec nostalgie. De là à vouloir l’imiter, il y a un pas qu’elle est alors loin de vouloir franchir : «  Ça parlait beaucoup politique à la maison, ça discutaillait autour de l’actualité, on n’était jamais d’accord. Faut dire que ma mère avait été très marquée par le parcours socialiste pur et dur de son père. » Il n’en reste pas moins qu’elle vit l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 avec moins d’intensité que d’autres : « J’avais beaucoup de potes qui étaient à fond. Moi, moins... »
Née en Allemagne d’un père militaire qui fait déménager sa famille en moyenne tous les trois ans, elle est surtout passionnée de sport et de... montagne qu’elle découvre l’été chez ses grands-parents paternels à Seix.1

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